ACTE II
l'hystérique, les yeux brillants.
Oui, soif de beauté, de passion î
Et lui?
l'hystérique
C'est un fonctionnaire.
l'homme Il n'a pas soif?
l'hystérique
Il aime l'ordre, la tranquillité. Enfin, ce n'est pas un artiste... A la façon dont vous regardiez les petits Arabes qui se bousculaient à l'arrivée du train, je me suis demandé si vous n'étiez pas
peintre.
l'homme Non, non.
l'hystérique
Excusez ma curiosité : pou^-quoi voyagez-vous ?
l'homme, brutal.
Pour fuir les femelles.
l'hystérique, saisie.
Oh I... Il y a une femme qui vous persécute ?
l'homme Plusieurs.
l'hystérique, baissant les yeux*
Je dois dire... que je les comprends,
l'homme Merci.
l'hystérique
C'est singulier... Chez tout autre homme, cette
rudesse nie choquerait. Je ne la tolérerais pas. Chez vous, au lieu de rebuter... elle attire.
Je sais.
l'hystérique
J'ai l'impression que même si vous le vouliez, vous ne pourriez pas offenser une femme.
l'homme Cela m'est pourtant arrivé.
l'hystérique C'est que vous aviez affaire à des sottes. Mais jamais une femme un peu fine ne se formalisera de vos sarcasmes... Ainsi, moi... Oh, c'est stupide, ce que je vais vous dire là.,, moi qui suis une personne plutôt susceptible, j'aimerais que vous me traitiez durement. (Penchée vers lui.) Des injures, des grossièretés, vous pouvez me les dire. Je vous pardonne d'avance...
l'homme Madame, j'en suis incapable.
(Elle soupire, déçue et boit. Silence,)
l'hystérique
Quelle chaleur! On boit pour se rafraîchir... et le feu vous pénètre davantage.
{Elle se lève et chancelle. Il la soutient machinalement. Elle s'appuie à la table, à demi pâmée.)
Qu'est-ce que vous avez ?