‹ Théâtre complet (volume 4)Chapitre 29 sur 138 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

sembleut tout ouverts au souffle de la passion, étaient autant de cassettes, sournoisement fermées sur un secret, un secret qui me concernait seul, mais que les femmes, obstinément, m'avaient caché. Et je compris que ce que j'avais demandé sans le savoir à chacune d'elles, c'était ce secret-là î Mon secret, à moi, pas le leur î

Et tu crois que Laure te le dira, entre deux crises, au fond d'un cabanon ?

l'homme

Qui sait? Je suis fatigué de ce qui leur tient lieu de raison. C'est le nom qu'elles donnent à leur froideur, à leurs craintes ou à leurs dissimulations. Quant à leur « folie », il faut avouer qu'elle est bien monotone I L'amoureuse la plus pervertie est moins inventive dans ses fantaisies que la bonne mère nature dans l'accouplement normal des crustacés. Oui, la sagesse des femelles esi aussi bornée que leur délire! Pas une vierge, pas une matrone, pas une prude, pas une fille ne m'a dit le mot que je cherche... le mot qui rendrait mon ciel clair et mes jours paisibles.

l'ami

Je ne te reconnais plus. Voilà qu'au lieu de faire l'amour, tu philosophes sur l'amour ?

Oui, à la longue, le sable et la mer vous engrossent de réflexions inutiles.

l'ami

Et... rien que des réflexions, depuis trois mois?

l'homme

Peuh... Des réflexes. (Rianl.) Je me sens pareil au mâle de la mante religieuse qui continue sa besogne de mâle, alors que sa monstrueuse maîtresse a déjà commencé à lui dévorer la tête.

l'ami J'ai rompu avec lady Felicia.

l'homme Je romps ce soir avec une hystérique dont je voudrais te faire constater la stupidité.

l'ami A ton service.

l'homme

Dînons ensemble, tous les trois.

l'ami Volontiers.

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