LE PEINTRE ET LA PREMIÈRE JEUNE FILLE
Non, non, nous voulons continuer !
LE MÉDIUM
C'est moi qui ne veux plus. {Brusquement, à la Secrétaire.) Tenez, regardez sur vos genoux. Qu'est-ce que vous voyez ?
LA SECRÉTAIRE, épouvanlée.
Oh, une grosse araignée î {Elle se lève.) Où estelle passée? Où est-elle ?
LE MÉDIUM
Il n'y avait pas d'araignée ! C'est moi qui vous l'ai fait voir! {Au Pharmacien qui rentre,)Eh. bien, a-t-on sonné, à l'escalier de service ?
LE PHARMACIEN
On a pu sonner dans les étages.
LE MÉDIUM
Vous voyez ? Vous voyez ? Il doute encore ! Si je trichais, petit imbécile, vous auriez des phénomènes tout le temps. C'est parce que je suis honnête, qu'ils sont si rares. J'en ai assez. Je m'en vais I
LA SECRÉTAIRE ET m"® PATURON, la retenant. Restez, je vous en prie. Continuons î
LE MÉDIUM, se dégageant.
Non, non, non ! Bonsoir I
(Le Peintre et les jeunes Filles, qui, depuis un instant, ont posé les mains négligemment sur le guéridon, sont surpris de le voir exécuter une série d'amples oscillations,)
PREMIÈRE JEUNE FILLE
Regardez donc.
DEUXIÈME JEUNE FILLE
Il y a quelqu'un.
(Le guéridon se déplace vers la gauche. Le Peintre et les jeunes Filles le suivent en gardant le contact. Tout le monde observe.)
LE PEINTRE
Mais à qui en a-t-elle ?
^n.e PATURON
C'est stupéfiant !
{Le guéridon a traversé le salon, comme attiré par VHomme, Celui-ci qui n'a pas bougé depuis le début de la scène, a observé toutes les phases de la séance, d'abord avec ironie, puis avec attention. A ce moment, son visage reflète la surprise. Le guéridon se plaque contre lui.)
LE PEINTRE, à VHomme, C'est à vous qu'elle veut parler. Posez vos mains, sans appuyer.