ACTE !V
En somme, c'est un brevet de folie que vous me décernez là ?
LUC DE BROXTE
Non. Vous végéterez comme ces milliers de mystiques, ascètes par contrainte ou par dégoût de leur passé, qui cherchent « la vérité » dans le spiritisme ou l'occultisme. Vous serez un de ces demi-aveugles, un de ces demi-sourds qui ne retrouvent leurs yeux et leurs oreilles que pour enregistrer les messages de l'au-delà 1 Pauvres dupes I L^au-delà, c'est eux-mêmes, le résidu mesquin de leurs consciences désadaptées qui revient les mystifier sous un masque funèbre. Vilaine époque! Un homme sur deux est hanté. Lne moitié de l'espèce a son fantôme.
(On sonne. Luc de Bronîe se lève.) l'îiomme
Vous pouvez rester. J'attends le médium qui dirigeait la séance d'avant-hier.
LUC DE BRONTE
Non. Je connais cette race.
l'homme Vous êtes d'avis que les médiums trichent toujours, n'est-ce pas?
LUC DE BRONTE, S'en allanî.
Ils trichent quelquefois, pour que leurs dieux ne soient pas humiliés. Ils sont, le plus souvent, dupes d'eux-mêmes, comme vous, comme moi peut-être, comme tout le monde ! Bonsoir.
Bonsoir.
(Luc de Bronîe sorl. Le Domestique inlroduii aussitôt le Médium. L'Hom.me lui serre la main.)
l'homme Mademoiselle Barnes, je vous remercie d'être venue.
LE MÉDIUM
C'est pour une expérience ?
l'homme Non, pour un éclaircissement. Depuis avanthier, j'ai été le témoin de phénomènes qui ont... ébranlé mon scepticisme.
LE MÉDIUM
Ah, ah? Cela ne m'étonne pas.
l'homme
J'éprouve le besoin d'être fixé sur la nature exacte de ceux qui se sont produits avec vous. Si vous avez emplo3^é certains procédés pour stimuler les expériences... veuillez me les révéler. Je me permettrai de vous offrir un chèque.
LE MÉDIUM, souriant.
Vous croyez que j'ai triché ?
l'homme Je voudrais être certain qu'il n'y a pas eu, de votre part, simulation... Je vous répète que pour le savoir...
le MÉDIUM, faisant claquer ses doigts.
Non sensé ! Je ne veux pas de votre argent. Pro-