ACTE II
ROUGÉ
Qu'as-tu à répondre, Maélik.
MAÉLIK
Rien, car je sais que tu ne le crois pas.
l'almamy
Ne pas me croire ? Quand depuis hier, leur case est déserte ? Où les as-tu cachées ?... Branche pourrie!... Hyène puante I
MAÉLIK, à Rougé.
Il a fait fouiller ma demeure. Les a-t-il trouvées ?
l'almamy
Il les cache^ ô chef blanc. Soit dans les fourrés, en bas des champs de manioc, soit dans le tronc mort d^un baobab, soit dans un recoin de la brousse. Qu'il me les rende I
ROUGÉ, à Maélik.
Eh bien, tu ne dis rien?
MAÉLIK
Le buffle en route vers l'abreuvoir ne se détourne pas de sa piste pour répondre aux cris des singes pleureurs.
l'almamy, furieux.
Singe pleureur? Moi, qui commande à tout ce pays jusqu'à la rivière du nord ? Et c'est un fils de nomades, un rôdeur de brousse qui me traite ainsi? Chef blanc, fais-le arrêter!
ROUGÉ
Mais tes captives, Almamy, cela te le rendra-t-il? l'almamy, hypocrite, ^ Justice, du moins, me sera rendue ! Si mes captives sont perdues pour toujours, j'aurai la justice des blancs pour me consoler.
MAÉLiK, à Rougé.
N'es-tu pas étonné, commandant, qu'il renonce aussi facilement au bien qu'il dit avoir perdu?
l'almamy, bondissani.
Je ne renonce à rien du tout, viande pourrie I Mais je veux d'abord qu'on t'attache au piquet, la tête contre terre et qu'on te fasse rougir la peau à coups de chicotte î
MAÉLiK, haussant les épaules.
Si^ tu veux m'entendre, je te dirai où sont ses captives. Mais éloigne d'abord cette peau noire.
ROUGÉ, à r Almamy, Maélik veut me parler seul à seul.
l'almamy
Moi aussi, j'ai à te dire des choses que ce diable de brousse ne doit pas entendre.
Tout à l'heure. Je t'appellerai.