ACTE II
tu étais sûre de n'avoir en face de toi qu'une enfant qui délire, tu ne ferais pas attention à ce qu'elle dit. Mais tu es comme moi, tu doutes.
FERNANDE
Non.
ALBERT
Tu penses, comme moi, que Berthe est peutêtre là, qui se joue de nous, dans un dessein que je ne comprends pas, qui nous verse goutte à goutte son infernale mixture de mensonge et de vérité... (A Béatrice, la supplianî.) Si c'est Berthe qui parle, qu'elle nous donne une preuve de sa présence. Une preuve î... Si c'est Béatrice, qu'elle se réveille I Si c'est un autre esprit, qu'il cesse de ruser avec nous. Qu'il s'en aille I
BÉATRICE; plainlive.
Encore douter ! Toujours douter ! Oh, cette méfiance des vivants, comme elle nous fait mal!... Des preuves ? Mais je vous en ai donné mille I Si je n'en dis pas plus aujourd'hui, comprenez donc que c'est pour vous épargner. J'ai une telle pitié de vous deux !