‹ Théâtre complet (volume 5)Chapitre 41 sur 68 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

LES MÊMES, EDOUARD entre à gauche.

{Béatrice, qui n'a pas détourné les yeux, lui parle aussitôt.)

BÉATRICE

Je sais que vous êtes là... Ils demandent des preuves et ils ne peuvent pas supporter la vérité... Alors, vous leur direz, peu à peu, ce que vous savez... Vous direz où j'étais, quand je prétendais rejoindre ma mère à Nancy... Vous nommerez le village de Vendée... Vous vous rappelez? Le marais sous la digue et la mer toujours plate... Vous, on vous croira, parce que vous êtes vivant.

(Béatrice gémit, joint les mains, les élève dans une attitude extatique et s'écroule sur le sol, inconsciente. Fernande s'empresse auprès d'elle et lui soulève la tête. Edouard l'observe un moment, puis hausse les épaules. Albert n'a pas perdu son beau-frère des yeux.)

EDOUARD, se détournant, sous l'insistance de ce regard.

Mon pauvre ami, vous êtes dupe d'une simulatrice de première force.

ALBERT, grave.

Il est pourtant vrai que Berthe allait passer trois

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