SCÈNE UNIQUE
ALBET, puis FERNANDE
(A« lever du rideau, Albert est seul en scène, à genoux sur le lapis, lisant des lettres qui sortent pêle-mêle de plusieurs cartons. Une lampe est posée à côté de lui. Un léger bruit, à gauche. Il lève la tête, puis reprend sa lecture. La porte de gauche s'entr'ouvre.)
ALBERT
Qu'est-ce que c'est ?
FERNANDE, entrant.
C'est moi.
ALBERT, nerveux.
Mais qu'y a-t-il ? Tu sais qu'il est deux heures du matin ?
Je me suis réveillée, tout à l'heure, et j'ai vu de la lumière sous la porte. Je ne comprenais pas... Que fais-tu là ?
ALBERT
Tu le vois, je lis des lettres. (Elle l'interroge du regard. Il reprend avec gêne.) La caisse qui est arrivée ce matin contenait toutes les lettres de Berthe. Tu sais qu'elle les conservait, empaque- i ^ées, classées par années. Il y en avait trois cartons -* pleins dans l'armoire de sa chambre, à Paris. Je me les suis fait envoyer.
FERNANDE
A quoi bon remuer tout cela?
ALBERT
Il peut y avoir là-dedans un indice, un témoignage sur son état d'esprit, ses préoccupations...
FERNANDE
Et tu as trouvé cet indice?
ALBERT
Pas encore, mais chaque lettre de sa mère contient des consolations, des encouragements, qui peuvent donner à croire que Berthe se plaignait de