ACTE m
fois, ils m'ont conduite dans des mauvais pas, d'où que j'ai eu bien de la peine à réchapper !
Vos Puissants est-ce qu'ils vous trompent? Estce qu'ils vous mentent?
LA FEMME QUÉMER
Ahî pour ça, non. Ils disent toujours la vérité. C'est sur la nourriture, cju'ils me chicanent.
BÉATRICE
Elle m'affole avec des mensonges et des inventions abominables. Elle dit des choses si honteuses, que je ne les comprends même pas. Un soir, vous verrez, elle m'étoufFera dans mon lit I Elle est plus forte que moi!... Dites, mère Quémer, que faut-il faire, pour m'en débarrasser ?
LA FEMME QUÉMER
Elle vous en veut.
BÉATRICE
Vous le croyez, vous aussi?
LA FEMME QUÉMER
Y a aucun doute... Alors, y a pas grand'chose à tenter.
BÉATRICE
Ah?
LA FEMME QUÉMER
Y a le charrofi" de douceur, qui réussit quelque-
fois. Mais faudrait pas qu'elle vous en veuille.
Vous ne pouvez pas savoir... où est son corps?
LA FEMME QlÉMER
J'ai regardé plus d'une fois dans ma petite glace à visions.
BÉATRICE
Et vous n'avez rien vu ?
LA FEMME QUÉMER
Si. Mais quéque chose que je ne m'attendais pas à voir. Je demandais aux Puissants de me montrer la femme à qui pense monsieur Carolles... et c'est votre figure qu'est venue dans le miroir. {Béalrice réfléchit, saisie.) Voulez-vous que j'essaie tout de même le charme de douceur ?
BÉATRICE, qui s^esl levée.
Inutile, mère Quémer. Je sais ce qui m'attend. rRafale. Bruit de la mer. Elle frissonne.) C'est làdedans qu'elle arrive.