‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 65 sur 169 · TEISSIER, MADAME VIGNERON, MARIE, BLANCHE, JUDITH · texte numérisé non relu

TEISSIER, MADAME VIGNERON, MARIE, BLANCHE, JUDITH

Vous voulez bien que je m'appuie un peu sur vous ? Je n'ai pas l'habitude de déjeuner si copieusement et avec de si jolies personnes, (s'arrêtant.) Qu'est-ce que j'ai dit à table ?

MARIE

Différentes choses.

TEISSIER Qui portaient ?

MARIE

Sur la vie en général.

TEISSIER

A-t-on parlé de vos affaires ?

MARIE

Il n'en a pas été question.

Ils reprennent leur marche en inclinant vers la droite ; Marie se dégage et s'éloigne.

TEISSIER, revenant à elle.

Elles sont bien, vos sœurs, l'aînée surtout, qui a des avantages. C'est vous pourtant que je préfère. Je n'ai pas toujours été vieux. Je sais distinguer encore

la brune d'avec la blonde. Vous me plaisez beaucoup, vous entendez.

MARIE Tournez-vous un peu du côté de ma mère.

Dites-moi, madame, pourquoi M. Gaston, qui fait si bien les lettres de change, n'a-t-il pas déjeuné avec nous ?

MADAME VIGNERON, avec émotion.

Mon fils s'est engagé.

TEISSIER

Il est soldat. C'est bien le meilleur parti qu'il pouvait prendre. Un soldat est logé, nourri, chauffé aux frais du gouvernement. Qu'est-ce qu'il risque ? De se faire tuer. Alors il n'a plus besoin de rien .

MADAME VIGNERON

Mon fils a fait ce qu'il a voulu, il regrettera plus tard la décision qu'il a prise. Je me serais entendue avec vous, monsieur Teissier, pour le placer dans la fabrique, et si cette fabrique, comme je le crois, ne sort pas de vos mains et des nôtres, Gaston, dans, quelques années, aurait succédé à son père.

Un temps.

TEISSIER

Avez-vous vu Bourdon ?

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