SCÈNE IV MADAME VIGNERON, BOURDON
BOURDON
Mon intention, madame, après l'inutilité de mes conseils, était de laisser aller les choses et de vous voir venir quand vous le jugeriez à propos. Je ne.suis donc pour rien, croyez-le, dans la mauvaise nouvelle qu'on m'a chargé de vous annoncer.
MADAME VIGNERON
Je commence à m'y faire, monsieur Bourdon, aux mauvaises nouvelles.
BOURDON
Il le faut, madame, il le faut. Au point où vous en êtes, le courage et la résignation sont de première nécessité.
MADAME VIGNERON
Il me semble, monsieur Bourdon, que mes affaires vont vous donner bien du mal pour le peu de profit que vous en tirerez. On m'a parlé justement d'une personne, très honorable et très intelligente, qui consentirait à s'en charger.
BOURDON
Très bien, madame, très bien. 11 eût été plus convenable peut-être de méviter cette visite en m'informant plus tôt de votre résolution. Peu importe. Dois je envoyer ici tous vos papiers ou bien les fera-t-on prendre à mon étude ?
MADAME VIGNERON, troublée.
Mais je ne suis pas engagée encore avec cette personne : attendons ; rien ne presse.
BOURDON
Si, madame, si, tout presse au contraire, et puisque vous avez trouvé, me dites-vous, un homme capable, expérimenté, consciencieux, quelque agent d'affaires probablement, il n'a pas de temps à perdre pour