‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 90 sur 169 · ACTE TROISIÈME I · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME I

r confuse et rougissante, court à Mmc de Saint-Genis et se laisse tomber, la tète dans ses genoux ; elle reprend en la caressant.) Je ne veux pas rechercher, mon enfant, de Georges ou de vous, lequel a entraîné l'autre. C'est moi, c'est votre mère, qui avons été coupables, en laissant ensemble deux enfants qui avaient besoin de surveillance. Vous voyez que je n'attache pas plus d importance qu'il ne faut à un moment d'oubli, que la nature d'abord, votre jeunesse ensuite et les circonstances justifient suffisamment. Vous devez désirer que cette faute reste secrète, mon fils est un galant homme qui ne vous trahira pas. Ce point bien établi, est-il indispensable que l'un et l'autre vous perdiez toute votre vie sur une inconséquence, et ne vaudrait-il pas mieux l'oublier?

BLANCHE, se relevant.

Jamais.

Pause.

MADAME DE SAINT-GENIS, elle s'est levée à son tour et

change de ton.

Vous ne serez pas surprise, mademoiselle, si mon fils cesse ses visites ici.

BLANCHE Je l'attends là pour le connaître.

MADAME DE SAINT-GENIS Espérez-vous qu'il désobéisse à sa mère ?

BLANCHE

Oui, madame, pour faire son devoir.

Il fallait d'abord ne pas oublier le vôtre.

BLANCHE

Blessez-moi, madame, humiliez-moi, je sais que je le mérite.

Je serais plus disposée, mademoiselle, à vous plaindre qu'à vous offenser. Il me semble pourtant qu'une petite fille, après le malheur qui vous est arrivé, devrait baisser la tête et se soumettre.

BLANCHE

Vous verrez, madame, de quoi cette petite fille est capable pour obtenir la réparation qui lui est duec

Que ferez-vous donc ?

BLANCHE

Je saurai d'abord si votre fils a deux langages, l'un avec vous, l'autre avec moi. Je ne l'accuse pas encore. Il connaît votre volonté et vous cache la sienne. Mais, si j'ai affaire à un lâche qui se sauve derrière sa mère, qu'il ne compte pas m'abandonner si tranquillement. Partout, partout où il sera, je l'atteindrai. Je briserai sa position et je perdrai son avenir.

Vous vous compromettrez, pas autre chose. C'est peut-être là ce que vous désirez. Votre mère fort

Page 1