SCÈNE PREMIÈRE
ALFRED
Voyez comme vous êtes. Vous me priez de passer chez votre couturière, je suis bon enfant, j'y passe, je vous rapporte sa facture acquittée ; à peine m'avezvous remercié du bout des lèvres.
ANTONIA
Je m'en moque bien, d'une note de plus ou de moins.
ALFRED
Remarquez que cette galanterie de ma part a été toute volontaire ; je n'y étais pas tenu par nos petits arrangements.
ANTONIA
Nos petits arrangements ! Vous m'en parlez assez, de nos petits arrangements, pour que je ne les oublie pas! Je me révolte à la fin. Monsieur se lève tard! Monsieur déjeune avec ses amis ! Il va à la Bourse, à son Cercle, à l'Hôtel des Ventes, il va partout, monsieur, pendant que moi, sa maîtresse, je suis là, à faire des patiences en l'attendant. Vous êtes-vous occupé au moins de mon affaire ?
ALFRED Quelle affaire ?
ANTONIA
Ne deviez-vous pas consulter une Compagnie d'assurances... pour ce méchant viager que vous me promettez depuis si longtemps ?
ALFRED
J'ai été chez votre couturière.
ÏO LA NAVETTE
ANTONIA
Ce n'est pas assez. Il fallait aller aussi aux Assu rances. Partez-vous ?
ALFRED
Je partirai quand je le voudrai.
Restez alors.
Elle le quitte et entre à gauche.