SCÈNE IV LAMBERT, MADAME CHEVALIER
LAMBERT
Eh bien, madame, ces enfants...
Ne m'en parlez pas. Je crois qu'ils le font exprès et •qu'ils ne crient que pour me déranger. Ils sont si jeunes, on ne peut pas les punir ; quand on les gronde, ça n'en finit plus; la femme de chambre vient de les porter sur leur lit, c'est un moment de repos pour tout
le monde. (Tout en parlant, Mme Chevalier, qui est venue se placer près du guéridon, a débouché la bouteille et rempli les
deux verres.) Cette fois, monsieur Lambert, vous ne pourrez pas me refuser.
LAMBERT, allant à elle.
Puisque vous le voulez, madame...
MADAME CHEVALIER, en lui donnant un verre.
Il est gentil, n'est-ce pas, mon petit vin ?
LAMBERT Quand vous le servez surtout.
MADAME CHEVALIER
Merci. (Lui présentant l'assiette de pâtisseries.) In gâteau ?
LAMBERT
Non, pas de gâteau.
MADAME CHEVALIER
Allons, trinquons un peu, à l'ancienne mode, (ils choquent leurs verres.) On me dit souvent que je tiens de ma grand'mère, et en effet je regrette plus d'une bonne habitude de son temps.
Pause.
Vous êtes la grâce en personne.
MADAME CHEVALIER
Quelle plaisanterie !
LAMBERT
Si, si. Je m'y connais un peu.
MADAME CHEVALIER, à elle-même.
C'est bien flatteur alors.
LAMBERT
Que de jolies choses ! L'ensemble, les détails, tout
est exquis.
MADAME CHEVALIER
Cessez. Vous ne pouvez pas rester trois quarts