SCÈNE II
RAOUL, seul.
Va-t-en au diable !... Mariez-vous donc pour entendre de pareilles choses !... Ce n'est pas qu'elles m'épouvantent. Menaces en l'air ! On trompe son mari ;. on ne décide pas qu'on le trompera... Quelle existence je mène ici ! Au sermon avec ma mère ; en pénitence avec ma femme ; pas de société ; aucun plaisir !... D'un autre côté, Antoinette m'écrit billet sur billet et me menace d'un coup de tête. Lequel ? Elle ne me le dit pas ; mais quel qu'il soit, elle est capable de tout... Je suis bien embêté autant qu'on peut l'être. Ce matin, en traversant le village, la fantaisie me prend d'entrer dans un cabaret. Naturellement je demande le Siècle. Pas de Siècle^ et à sa place le Gaulois qui me désigne en toutes lettres.
(Il tire le journal de sa poche et lit) : « On parle toujours
de la suppression prochaine des sous-préfectures. A ce propos, on nous conte le cas assez curieux d'un jeune fonctionnaire. Sa sous-préfecture est dans l'ouest, sa femme est dans le sud, et il habite le nord. »