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SCENE III RAOUL, DE LA ROUVRE

DE LA ROUVRE

Dites-moi, je vous prie, monsieur, si je pourrai voir aujourd'hui Mme de Sainte-Croix.

RAOUL Laquelle, monsieur?

DE LA ROUVRE Je n'en connais qu'une.

RAOUL

Est-ce ma mère ou ma femme que vous désirez rencontrer ?

DE LA ROUVRE

Excusez-moi, je n'étais pas à votre question. Je voudrais être reçu par toutes deux.

RAOUL

Ma mère est à Paris, monsieur, et elle regrettera bien de ne pas s'être trouvée chez elle. Je vais faire annoncer à ma femme votre visite.

DE LA ROUVRE

M. de la Rouvre.

RAOUL, après avoir sonné.

Enfin, voilà donc quelqu'un qui vient jeter de l'animation dans mon intérieur. (Adèle entre. ) Prévenez

madame que M. de la Rouvre est avec moi et que nous l'attendons dans ce salon. (A part.) Je vais m'en faire un ami. (Haut.) Ma femme m'a parlé bien souvent de vous, monsieur. Si je n'avais pas été surpris à mon arrivée ici par quelques affaires, je serais allé déjà vous remercier des attentions que vous avez, eues pour elle. J'espère bien qu'avant de quitter le pays nous aurons le plaisir de vous recevoir à dîner.

DE LA ROUVRE

Je vous remercie, monsieur, je pars ce soir.

RAOUL

Vous partez ce soir ? Je voudrais bien en dire autant ! Vous retournez à Paris ?

DE LA ROUVRE

Non, monsieur, je retourne dans l'Inde.

RAOUL

Diable ! C'est un voyage, cela. Il est vrai qu'il n'y a plus de voyage aujourd'hui ; on fait le tour du monde, son guide d'une main et sa bourse de l'autre.

DE LA ROUVRE

Jusqu'où êtes-vous allé ainsi, monsieur?

RAOUL

Oh ! je ne parle pas pour moi qui ne me trouve bien qu'à Paris. On ne vit que là. Un mouvement perpétuel ! Toujours du nouveau ! Les plus jolies femmes de la terre ! Des journaux qui vous parlent du monde entier et de tout le monde ! On ne se figure pas ce

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