‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 20 sur 114 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

çais quelque chose d'extraordinaire. (Il s'avance vers Diane en riant.) J'ai gagné ma philippine... tu ne te rappelles donc pas... hier au déjeuner ? Reviens à toi, Dianette, et paye.

Il lui tend la joue, DIANE

Ah ! oui... Je n'y pensais plus...

GASTON

Je serais bien monté ce matin dans ta chambre, te faire la blague, mais on m'a dit que tu étais malade. Qu'est-ce qu'elle a eu, notre gosse nationale ? Ce n'est pas sérieux.

LA DUCHESSE

Non, non, des maux de tête, une migraine.

GASTON

Pauv' tit bichon ! Je te trouve mauvaise mine d'ailleurs... (Il contemple leur gêne.) Dites donc, ce n'est pas une farce ?... C'est que vous avez tous les trois un air de circonstance, si j'ose m'exprimer ainsi !... Un beau parti ?

LE DUC

Tu divagues ! Nous sommes simplement ennuyés de la santé de ta sœur.

GASTON

C'est votre faute aussi !... Quand on voit, à trois heures de l'après-midi, xme jeune fille flanquée de ses parents... et les yeux rouges encore, voyons, ce sont les suppositions les plus élémentaires ? (Riant avec tact.) Du reste, ça ne me regarde pas ; mettez que je n'ai rien dit. Au fait, papa, vous savez que je préside, demain soir, le dîner de la jeunesse royaliste. Je suis chargé de vous inviter : du moins, si vous voulez leur faire

l'honneur de venir fumer un cigare après dîner, ils vous en auront une reconnaissance sans borne.

LE DUC

Je verrai.

GASTON

Le dîner a sa raison d'être : il s'agit d'une fusion en l'A. G. R. et la S.

LE DUC, interrompant.

Attendez... Est-ce qu'on n'a pas sonné ?

Il ça à la porte du fond et Ventr'ouçre pendant que les autres parlent.

GASTON

Alors, tu souffres sérieusement.?

DIANE

Un peu, en tout cas.

GASTON

Tâche d'être remise avant dimanche, car tu sais que tu as l'honneur de conduire le mail jusqu'à Chantilly. D'Artigny, le jeune d'Aplincourt... tes deux prétendants... en bavent d'avance,.. Ne leur fais pas cette désillusion. Pas de surmenage !.. Dites-moi, maman, est-ce qu'elle a la semaine très chargée ? Tu dînes chez les d'Ecleville, demain, n'est-ce pas ?

DIANE

Je ne sais pas si nous irons.

En tout cas, après-demain, il y a la matinée des Bellines. Et, le soir, lui permettrez-vous de venir aux Français, maman ; je crois que c'est un peu risqué pour elle... Je ne vous conseille guère de l'y mener...

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