ACTE PREMIER
çais quelque chose d'extraordinaire. (Il s'avance vers Diane en riant.) J'ai gagné ma philippine... tu ne te rappelles donc pas... hier au déjeuner ? Reviens à toi, Dianette, et paye.
Il lui tend la joue, DIANE
Ah ! oui... Je n'y pensais plus...
GASTON
Je serais bien monté ce matin dans ta chambre, te faire la blague, mais on m'a dit que tu étais malade. Qu'est-ce qu'elle a eu, notre gosse nationale ? Ce n'est pas sérieux.
LA DUCHESSE
Non, non, des maux de tête, une migraine.
GASTON
Pauv' tit bichon ! Je te trouve mauvaise mine d'ailleurs... (Il contemple leur gêne.) Dites donc, ce n'est pas une farce ?... C'est que vous avez tous les trois un air de circonstance, si j'ose m'exprimer ainsi !... Un beau parti ?
LE DUC
Tu divagues ! Nous sommes simplement ennuyés de la santé de ta sœur.
GASTON
C'est votre faute aussi !... Quand on voit, à trois heures de l'après-midi, xme jeune fille flanquée de ses parents... et les yeux rouges encore, voyons, ce sont les suppositions les plus élémentaires ? (Riant avec tact.) Du reste, ça ne me regarde pas ; mettez que je n'ai rien dit. Au fait, papa, vous savez que je préside, demain soir, le dîner de la jeunesse royaliste. Je suis chargé de vous inviter : du moins, si vous voulez leur faire
l'honneur de venir fumer un cigare après dîner, ils vous en auront une reconnaissance sans borne.
LE DUC
Je verrai.
GASTON
Le dîner a sa raison d'être : il s'agit d'une fusion en l'A. G. R. et la S.
LE DUC, interrompant.
Attendez... Est-ce qu'on n'a pas sonné ?
Il ça à la porte du fond et Ventr'ouçre pendant que les autres parlent.
GASTON
Alors, tu souffres sérieusement.?
DIANE
Un peu, en tout cas.
GASTON
Tâche d'être remise avant dimanche, car tu sais que tu as l'honneur de conduire le mail jusqu'à Chantilly. D'Artigny, le jeune d'Aplincourt... tes deux prétendants... en bavent d'avance,.. Ne leur fais pas cette désillusion. Pas de surmenage !.. Dites-moi, maman, est-ce qu'elle a la semaine très chargée ? Tu dînes chez les d'Ecleville, demain, n'est-ce pas ?
DIANE
Je ne sais pas si nous irons.
En tout cas, après-demain, il y a la matinée des Bellines. Et, le soir, lui permettrez-vous de venir aux Français, maman ; je crois que c'est un peu risqué pour elle... Je ne vous conseille guère de l'y mener...