ACTE QUATRIEME iGJ
FANNY
Il est là... te dis-je... il guette... Et puis la porte a grincé... quelle maladresse... il faut que je reste ici quelques minutes encore... je ne puis pas sortir.,
ARMAURY
Eh bien, attends, attends... le temps que tu voudras.
Rentre dans ton appartement. Adieu. (Il se dirige vers la porte de sa chambre. Tout à coup elle se redresse.) Ecoute !... on frappe à la porte... Tu vois... Qu'est-ce que je disais !... Ah ! le gredin !...
En effet, un imperceptible toc toc, comme un frottement sur le bois a eu lieu. Marcel a un mouvement pour aller fermer la première porte qui est restée ouverte, elle le retient et le repousse. Colloque à voix étouffée.
ARMAURY
Laisse-moi fermer la porte.
FANNY, à voix basse.
Non ! Non I Surtout pas !... C'est sûrement pour voir si on bouge à l'intérieur... Laisse faire. Il n'osera pas entrer ! Et s'il ose, tant mieux ! Il faut que ce soit moi qu'il trouve... Il serait désarçonné de me trouver là.
ARMAURY
Je ne veux pas 1
FANNY
Et moi, je l'exige... c'est l'instant de l'explication ! Ah ! la canaille !... Rentre, rentre... pas toi
ici !... pas toi !... (EUe le pousse avec véhémence. Dans V ombre, ils chuchotent et luttent.) Disparais I... Je le
i64 LA VIERGE FOLLE
veux !...Et si je le croise en sortant, tant mieux !...
Va donc !... va donc !... Laisse-moi partir seule. Dans la brève poussée il a obéi. Il s^est glissé dans la chambre de Dianette. Fanny éteint brusquement la dernière lumière et se cache dans le fond de la pièce. Elle attend anxieuse... Un moment se passe... Tout à coup la porte d'entrée grince doucement et s^entr'ouvre, avec une précaution infinie... Gaston de Charance pénètre avec précaution, passe la tête^ regarde, puis n'entendant rien, ne voyant rien, pénètre de quelques pas dans la pièce. Fanny donne brusquement V électricité. Gaston de Charance sursaute^ se retourne et voit Fanny.
SGiiNE IV FANNY, GASTON.
FANNY
Parfaitement... moi !... Vous ne comptiez pas me trouver...
GASTON
En effet.
FANNY
De quel droit entrez-vous ici ? Comment osezvous ouvrir cette porte, vous introduire comme un voleur... dans quel lâche dessein de meurtre ?... Ah ! mais, j'étais là... je vous avais promis d'y être. Je suis exacte, n'est-ce pas ?... Avouez que vous ne m'auriez pas crue aussi prompte.
GASTON
En effet, je vois quel gardien il a placé à leur porte. C'est vous qui les protégez !
FANNY
Et vous qui m'y forcez I Ah ! pas un mot de raillerie, malheureux I... Si j'ai abdiqué toutes mes pudeurs d'épouse, toute ma dignité de femme,.