ACTE QUATRIEME
mettez de faire bien du tapage, mon jeune ami...
// s^avance^ dédaigneux, la poitrine en açant, les mains dans les poches. Diane le suit précipitam" ment.
GASTON
Ah I te voilà, toi... Diane, tu vas me suivre immédiatement.
DIANE
Je n'obéis pas aux ordres donnés.
GASTON
Monsieur, je vous somme de nous la rendre.
ARMAURY
Quand nous serons seuls, je vous accorderai toutes les explications voulues... Pas ici... pas en présence de ces deux femmes...
GASTON
Oh ! il ne s'agit plus d'explications. Une dernière fois, voulez-vous laisser partir ma sœur ?... ARMAURY, carrément.
Elle vient de vous répondre pour moi — pour nous deux.
Alors, voulez-vous au moins me rendre raison,., refusez-vous toujours une rencontre ?
ARMAURY, haussant les épaules.
Parfaitement, je refuse...
GASTON
Eh bien, donc, vous l'aurez voulu... (Il se retourne vers lui. Il tire rapidement de la poche de son smoking un rêçoher et le braque. Les deux femmes ont un cri simultané et, d'un même élan, se précipitent deçant Armaury en le couvrant de leurs corps. Gaston,
baissant le revolver avec un éclat de rire et de rage,)
C'est admirable !... Toutes les deux ! Toutes les
deux- sur votre poitrine !... C'est là qu'elles se rencontrent I
ARM AU R Y, écartant énergiquement les deux femmes et se présentant face à lui.
Ne blasphémez pas, Monsieur... Leur geste est plus beau que le vôtre 1
DIANE, criant et s^ interposant.
Gaston ! veux-tu finir !... Gaston, en voilà assez !... Pose ce revolver !... Quand tu l'auras posé je parlerai. (Elle désigne une table au fond.) Sur ce meuble... là... Je veux parler... Qu'on m'écoute I
GASTON
Soit ! J'obéis...
Il dépose Varme, mais à une distance assez proche de luiy pour surveiller qu'on ne s'en empare pas.
DIANE, essayant de le prendre à part.
Viens par ici, loin de la table ...
GASTON
Que vas-tu me dire ? Que tu es décidée à revenir chez nous ?
DIANE
Je veux te dire que tu es abominable... Je ne sais comment qualifier ta conduite...
GASTON
Et moi, je sais trop comment qualifier laotienne...
DIANE
Un frère et une sœur en arriver là !...
GASTON, haut, refusant f aparté.
Ce n'est pas à toi que j'en ai, c'est à ton amant. Qu'il te laisse partir, qu'il te rende à nous, j'abandonnerai toute idée de vengeance... sinon...