‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 179 sur 254 · ACTE DEUXIEME aôj · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME aôj

BOCQUET, parait soulagé dune anxiété.

Merci, Madame... (Il reprend.) D'ailleurs l'effondrement matériel n'est que peu de chose en comparaison de l'égarement moral... et du terrible dénouement qui se prépare... f'3fo«pcmtfn« d'impatience de Frédérique.) Oui, j'arrive au fait... Je résumerai comme je pourrai, en quelques mots... vous suppléerez facilement aux lacunes... Depuis son mariage, la vie de Julien est sans doute demeurée inconnue de vous, ou presque ...n'est-ce pas, Madame ?

FRÉDÉRIQUE

Je m'en suis complètement désintéressée... Il a fait quelques visites à mon mari ; je ne me suis jamais trouvée là... Je sais que Monsieur Ulric le rencontre de temps en temps dans les milieux d'affaires.

BOCQUET

Le bruit ne serait-il jamais parvenu à vos oreilles que mon fils a mené par moments une vie de désordre ? Sa femme est certes charmante, mais froide, fermée, par son éducation de créole, à mille sentiments... comment dire... parisiens.

FRÉDÉRIQUE

Ce mariage, cependant fort bien calculé, apportait à votre fils quelques garanties de bonheur, un peu d'aisance et, en tout cas, la sécurité...

BOCQUET

Il n'a pas trouvé la compagne rêvée. Un désespoir ancien rongeait son âme. (Sursaut de Frédérique. Bocquet reprend posément.) Oui, Madame, j'ose le dire parce que je connais la vérité sur ce point. Bref,que ce soit pour cette raison ou pour d'autres, ce mariage n'a pas comblé une âme probablement

trop avide. Il s'est jeté dans les affaires et dans la grande vie de Paris, tête baissée. Il a réussi rapidement...

FRÉDÉRIQUE

J'ai le souvenir que votre fils était ambitieux.

BOCQUET

Vous retenez sur les lèvres le mot arriviste !... Jugement sévère, mais parfaitement juste. Il s'est créé de grands besoins d'argent. Il a noué, à l'insu de sa femme, des relations bien regrettables avec une certaine dame du monde déclassé...

FRÉDÉRIQUE

Cette fois, je vous prie d'aller au fait, Monsieur 1 Je ne vois pas pourquoi j'ai à tolérer des confidences qui ne m'intéressent pas le moins du monde, qui me répugnent même, et que je vous prie de garder pour d'autres auditeurs !

BOCQUET

Il faut bien que je vous indique les raisons qui l'ont amené où il en est ! Il s'est laissé prendre, il n'y a pas d'autres mots, par cette femme trop élégante, l'épouse divorcée, mais ruinée, d'un peintre célèbre qui conserve cependant encore son nom, et...

Peu importe ! Passez la désignation, je vous prie. Au fait !...

BOCQUET

M'y voici... Avez-vous entendu parler, par Monsieur Ulric, de certaine importante affaire de lotissement à Montmartre... d'un groupe de maisons de rapport dont Julien a entrepris la construction ?

FRÉDÉRIQUE

Vaguement, oui, Monsieur I Mon mari a été

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