‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 199 sur 254 · ACTE DEUXIÈME 3é · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME 3é

FRÉDÉRIQUE

Je VOUS le promets... à condition qne cela ne diminue en rien votre remords et votre responsabilité ! Ils me sont à moi les garants de votre rachat !

JULIEN, exalté, joyeux.

Frédérique 1 Frédérique I Que vous êtes bonne ! Que vous êtes belle I

FRÉDÉRIQUE

Vous le Terrez... nous serons des amlB... Mais qu'il soit bien entendu, n'est-ce pas, que plus jamais il ne sera fait allusion à...

Elle s^arrète, pudique.

A quoi "}

FRÉDÉRIQUE

A ce qui nous a jadis séparés... à ce qui a fait notre chag:rin... Ce sont nos âmes qui se retro^ivent dans une seconde vie, toute de devoir.

EUe attend la réponse sans le regarder.

JULIEN

Je vous le promets... gravement.

FRÉDÉRIQUE, sourit, satisfaite, puis changeant de ton.

Maintenant, maîtrisons-nous... Il faut que nous nous séparions... Il faut aussi que je voie mon banquier et Daniel, mon homme d'affaires... Pratiquement, allez trouver votre entrepreneur, qu'il prépare quittance de la somme nette.-^ Prenez rendez-vous avec lui pour... demain soir, à six heures... Oui, demain soir... ce délai me suffira... Nous nous verrons d'ici-là I Vous recevrez un télégramme concis demain matin. Vous le brûlerez, n'est-ce pas ?

3o4 LES SŒURS D'AMOUR

JULIEN

Bien entendu !

FRÉDÉRIQUE

Je vous fixerai l'endroit où nous devrons nous rencontrer... Et de votre côté, Julien...

JULIEN, la regarde fixement.

Soyez tranquille 1

II faut que vous redeveniez un honnête homme, Julien, dans toute l'acception du terme.

JULIEN, ferme à son tour.

Je n'accepterais pas de votre part un sacrifice aussi lourd, si je n'avais senti, en réfléchissant, que je pouvais en assumer toutes les charges, et vous payer les intérêts de votre souffrance. Vous verrez !... En êtes- vous sûre ? Y a-t-il dans mes yeux la lueur de l'émotion profonde qui me bouleverse ?...

FRÉDÉRIQUE

J'ai confiance en tout cas...

Julien va à la cheminée, prend son chapeau. Au moment de partir, il se retourne.

JULIEN, comme s^ il ne pouvait résistera une pensée obsédante.;

Je ne peux partir ainsi sans savoir 1... Frédérique !... Ce que vous faites, le faites-vous par... par simple pitié ou, par un reste d'amour ?

FRÉDÉRIQUE

Ne vous demandez donc rien... Emportez sans regarder ce qu'on vous donne !

JULIEN, ravi.

Ah ! vos yeux ! vos beaux yeux clairs, je les retrouve I

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