ACTE TROISIÈME
JULIEN
Vous ne le verrez pas... C'est moi qu'il trouvera en face de lui. Ma décision est prise.
// sonne.
Oue faites-vous à votre tour ?.^
JULIEN
Vous le verrez bien.
FRÉDÉRIQUE, balbutiant des supplications.
Julien... soyez raisonnable... il est indispensable que je parte ou que je sois là pour me trouver en présence de mon mari dès qu'il arrivera... Il faut que je me défende de toute mon énergie...
JULIEN
Silence !
Le valet de chambre entre. Ils se taisent. JULIEN
Monsieur Ulric va sonner d'une minute à l'autre. Tenez-vous à l'avance dans l'antichambre... Ssins perdre une minute vous le ferez entrer directement au salon. (Il réfléchit.) Laissez la porte d'entrée ouverte, de façon que Monsieur Ulric n'ait même pas à sonner. J'y tiens. Vous viendrez me prévenir immédiatement une fois que vous l'aurez introduit dans le salon...
FRÉDÉRIQUE, quand le domestique est sorti»
Julien I... Qu'est-ce que vous projetez ?... Que prétendez-vous faire ?
36o LES SŒURS D'AMOUR
TULIEN
Loyalement, sans entrer dans de longues explications, déchirer le voile, dire enfin la grande vérité, celle-ci : que depuis des années nous nous aimons d'un amour irrésistible, que vous êtes l'épouse sans reproche, mais que votre résolution, désormais, est prise, comme la mienne, que c'est avec moi que vous voulez terminer vos jours... et que je vous garde !
FRÉDÉRIQUE
Oh I avec quelle autorité soudaine vous parlez, maintenant 1... Vous n'êtes plus le même 1... (SuppUante, affolée.) Voyons, ce sont des bouleversements impossibles !
JULIEN
Nous avons eu beau faire pendant des années, cette vérité-là est plus forte que tout I Elle est éclatante !... Elle est dans tous nos actes... Elle est dans vos yeux.
FRÉDÉRIQUE, avec force.
Non ! non ! Ce n'est pas vrai 1 Je ne vous aime pas I Je ne vous aime plus !
JULIEN, triomphant.
Mais vous le criez comme un remords vivant... Trop fort, ce cri-là 1 Je suis tranquille I
FRÉDÉRIQUE
Laissez-moi me trouver, la première, en présence de mon mari... avant vous... avant votre femme 1...