ACTE QUATRIÈME au
CHAVRES
Un temps !... Mais l'indépendance, c'est la richesse, ma pauvre enfant...
JESSIE, se tordant les bras.
Alors, toujours ? Toujours enchaînée, traînée en croupe ?...
CHAVRES
Non... pas quand vous sourirez à un jeune et nouvel amour...
JESSIE
Oh!
CHAVRES
... qui viendra et vous sauvera.
JESSIE, elle enfouit sa tête dans les coussins. Max !... Max !... Qu'est-ce qu'il dit d'abominable ?
CHAVRES
C'est l'avenir fatal... nécessaire... C'est l'avenir ! Mais... tout de suite, ma pauvre enfant, tout aite, qu'allez- vous faire ?...
JESSIE
En voilà une chose sans importance !
CHAVRES
n'ose vous poser une question depuis que vous les interprétez si mal !... De quoi allez-vous
subsister ?
JESSIE
Ma mère a quelques milliers de francs de rente, c'est, plus qu'il n'en faut pour nourrir un deuil spéré comme le mien !
CHAVRES
Vivre ici !... Dans cette villa ?
ai2 LA POSSESSION
JESSIE
Ah ! Dieu, non, jamais !... Demain matin, je serai partie de ces lieux atroces où tout est souvenir. Je ne supporterais pas, en ce moment, même la présence de ma mère. Non... Une auberge, loin... à la campagne... Je verrai des champs... du silence.
CHAVRES
Mais vous mourrez de tristesse dans cette atmosphère minable ! Ce qu'il vous faut, je le crois sincèrement, c'est en effet la solitude, seulement plus chaude, plus douée de vie et de récon* fort. Je connais l'endroit exact qui vous convient... Il y a, à quarante kilomètres d'ici, une maison spacieuse dans un grand parc où des domestiques demeureront, tout en vous servant avec empressement, respectueux de votre silence. Personne d'autre que vous n'en franchira les murs... Vout resterez là le temps que vous voudrez, entourée seulement d'objets d'art et de lumière... C'est è Chantilly, route de la Morlaye...
JESSIE, vivement.
Merci de la pensée... Je refuse cette aide-là.
CHAVRES
Jessie, comprenez-moi bien... Je vous offre cette cure de solitude sans l'ombre d'une arrièrepensée... et parce que, si vous voulez bien l'aC' cepter, vous en tirerez un peu de paix !... Jamais vous n'entendrez parler de moi, jamais I Je res pecteroi votre retraite absolue. On me donnera d< vos nouvelles, <>t si, à la longue, elles ne sont pas trop mauvaises, vous ne save« pas la joie que j'er >uverai... Jo vous supplie «l'accepter sam ate aucune... .I<; vous donna ma parole que