‹ Théâtre complet (volume 4)Chapitre 160 sur 236 · ACTE PREMIER a5i · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER a5i

homme... Du reste, depuis cette décision, ta figure est déjà plus grave qu'auparavant. Je me disais, quand tu es entré : Qu'est-ce qu'il a à avoir la tête d'un magistrat, aujourd'hui ?

GABRIEL

La jeunesse passe vite. L'envie d'être jeune aussi. Il faut rentrer dans le cercle.

Il fait un geste en rond.

JEANNE

Quel cercle ?

GABRIEL

Le cercle de la société. Un grand anneau fermé très fermé... Et elle ne badine pas, la société. Elle a d'autres choses à faire.

JEANNE

Tu ne m'oublieras pas trop, mon petit Gabriel ?

GABRIEL

Il me semble que je ne t'oublie pas !

JEANNE

Ecoute, le docteur va s'occuper de faire entrer Paul dans quelques semaines à la maternité de Mademoiselle Sommier. Tu ne connais pas ?

Non, mais je me demandais qui tu appelais Paul... comme si c'était un personnage important.. . avec un lorgnon et des grosses bottines à lacets. Maintenant j'y suis. Je me rappelle parfaitement le nom de baptême que nous lui avons donné.

JEANNE

Et que je n'aime pas beaucoup. Pourquoi y astu tenu ?

25a LA CHAIR HUMAINE

GABRIEL

Paul ! c'est discret, ça ne se remarque pas ! Donc, Paul ?

JEANNE

Je disais que si je ne peux pas le faire entrer chez Mademoiselle Sommier, je le mettrai à la. crèche du quartier. Vraiment, il est assez fort. Je n'ai plus rien à craindre pour sa santé. D'ailleurs,, ça me fatigue un peu de nourrir et puis ça m'enlaidit à la fin... Oh ! je ne suis pas coquette. Seulement, je ne voudrais pas que tu me trouves trop laide, trop abîmée... Donc, dès la semaine prochaine, je pourrai reprendre mon ouvrage. J'ai des clients et j'espère bien aussi, quoi que tu m'en aies dit, que tu me permettras de retourner chez tes parents.

GABRIEL, se levant, avec colère.

Chez mes parents !... Ah ! ça, non, par exemple ! Comment oses-tu insister ? Ne recommence jamais cette blague-là, n'est-ce pas ?

Comme te voilà en colère !

GABRIEL

Il y a de quoi ! Je t'ai déjà donné l'ordre formel, formel... tu m'entends, de ne plus m'en parler. Quel est ton but... ton but ?

JEANNE

Voyons, Gabriel, tu me crois donc méchante ? Je disais ça parce que j'aurais pu l'apercevoir de temps «'ii temps ohea tes parente. Demanée-moi pardon de oe que i u viens de supposer ?

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