‹ Théâtre complet (volume 4)Chapitre 226 sur 236 · ACTE TROISIÈME 35g · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME 35g

de préjuger ! Comment veux-tu qu'il résiste à cette griserie, c'est pas possible. Et s'il déshonore un jour le nom que tu lui auras donné !

PHILIPPE

Maman, voyons, c'est très pénible à entendre... Ne parle pas ainsi d'un héros.

MADAME LEVASSEUR

On peut être des héros dans la tranchée, et dans la vie civile une épave morale. Combien la guerre nous a-t-elle renvoyé de ceux-là ! Soyons réalistes et ne nous payons pas de mots. En résumé, ce projet est fou !

LEVASSEUR

Eh bien ! je ne trouve pas, moi. Qu'on me contrecarre ou non, j'ai le droit d'élever la voix.

MADAME LEVASSEUR, au comble de V exaspération.

Moi aussi. Et je dis haut et clair que tu n'as pas le droit, pour un humanitarisme que personne ne te demande, de faire son malheur à lui (Elle désigne Philippe.) et de me manquer de respect à moi. Ici, pas de pitié russe ni de philosophie sociale, hein ! Je parle posément, en vieille bourgeoise saine d'esprit et de cœur. Je ne te laisserai pas commettre cette injure et cette injustice, ou je ne resterai pas un jour de plus sous ce toit.

LEVASSEUR

Soit î J'ai mon libre arbitre, après tout. Je suis conscient de mes actes.

MADAME LEVASSEUR

Toi ? conscient !... Depuis quel âge et jusqu'auquel ?

3<k> LA CHAIR HUMAINE

LEVASSEUR

Tu dis ?

PHILIPPE, prend le bras de sa mère.

Maman,., je vous en conjure !.,. J'ai vu là-bas comme la lutte est une chose terrible !... Mais Ja lutte chez soi, entre femme et mari, le déchirement du foyer, oh ! c'est affreux 1...

MADAME LEVASSEUR

Ton père veut que je m'en aille... Je m'en irai.,, Non, mon fils n'est pas l'égal de celui d'une gourgandine, d'une domestique.

LEVASSEUR

Injurie... C'est ça !

MAPAME LEVASSEUR

Moi, je te barrerai la route...

Voyons... Quelle peine !.,. Pour moi, qui vous aime !...

Ils parlent tous les trois ensemble. La porte s'ouvre. MADAME LEVASSEUR

Tu verras 1

Page 1