ACTE DEUXIEME ioî
MAX
Si je lâche mes examens, on m'offre du jour au lendemain une très belle situation dans le commerce.
JESSIE
Gomment donc ! La vie en meublé... la femme de ménage... la matérielle au tripot et, le dimanche, une petite promenade en bicyclette aux Vaux-de-Cernay ! Tu vois grand !... Merci pour moi !... Allons, retrouve-toi, Max !... Te voilà déjà plus calme... Je vais t'excuser comme je pourrai, tout à l'heure... Je ne te garderai pas rancune, je te le promets... (Câline.) Si tu t'en vas tout do suite, pai exemple... C'est fini, n'est-ce pas ? Calmé ? En voilà des drames, mon Dieu!... Quel tout petit tu fais !
Elle essaie de rire, pour se rassurer elle-même. Silence^ MAX, abattu.
Eh bien, si tu ne veux pas tenter la vie avec moi, alors...
JESSIE
Alors, quoi ?
MAK, changeant de ton, devenant suppliant.
Oh ! chérie... chérie... que je t'emporte une heure... une heure seulement... ici ou ailleurs... mais pas cette étreinte misérable !
JESSIE
Oh !
Avant de nous séparer, que tu aies senti passer la jeunesse...
JESSIE
Mais c'est aussi impossible...
loi LA POSSESSION
MAX
Que je te quitte, t'ayant appris l'amour, le vrai... Et après je consens à te laisser là, exténuée ou repue... je partirai dans la rue en sifflant et en marchant droit devant moi !
JESSIE
Tu rêves tout haut, tu fanfaronnes. (Elle lui frappe le front.) Oh ! cette idée fixe ancrée làdedans I Mais c'est disproportionné, voyons... Tu souffres mille fois trop pour le peu que tu perds I
MAX
Il n'y a pas de détresse trop grande quand on aime, et je suis désespéré... Vraiment, tu ne veux pas ?
JESSIE
Non, non !
MAX
Tu ne veux pas me suivre, Jessie ?
JESSIE
C'est impossible !
MAX
Tu ne veux même pas, non plus, rentrer à la maison ? Mais qu'est-ce que j'ai donc fait pour être aussi malheureux ? C'est à crever ! Pourtant^ je ne suis pas méchant... je suis un bon petit cœur, je t'assure, qui se débat et qui t'aime tant !
Il s'effondre à terre et pleure.
JESSIE
A la bonne heur»1 ! le t'aime mieux ainsi, eiïondrô I... Il y a plus de force dans ta douceur et ta fragilité que dans ta colère ! (Elle lui relève
la tête et la pote sur se* genoux.) l'.uivro petit
oisuau ! . suis enfant... là... sur mon