‹ Théâtre complet (volume 5)Chapitre 68 sur 126 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

ISABELLE, MADAME HEIMAN. pui^ JEANNLXE et GEORGES.

ISABELLE

Parti! {Elle se dirige vers le salon.)

MADAME HEIMAN.

Prenez garde, vous avez un volant de défait à votre corsage.

ISABELLE

Ce n'est rien, ne vous donnez pas la peine. J'ai une t^pingle.

MADAME HEIMAN, arrangeant la robe.

Ce pauvre Pierre, il vous aimait. Oue lui avez-vous lit?

l.-ABELLE.

J'ai essayé de lui donner du courage, sans mentir pourtant, il ne faut jamais mentir. Mon sourire lui fera i^^rand bien plus tard, j'en suis sûre. Vous savez, lorslue le médecin est parti, les malades aiment bien se rappeler qu'il riait... Oh! merci, vraiment, vous êtes trop aimable... {Jeanmne c//frc.) Te voilà, toi; on te cherche partout. C'est très impoli, ce que tu fais là. Pierre est parti. Tu entends?

MADAME HEIMAN.

Oh ! ne la grondez pas, je vous en prie. Pas aujour- Ihui. Elle est si jolie, cette enfant!

GEORGES rentre. Bas, à I.tabelle., en passant. l)ites donc, j'ai cru un moment que ça allait se gâter.

ISABELLE

N'est-ce pas? Il s'en est fallu de peu. [A un domestique i/iii entre.) Y a-t-il assez de voitures? Tout le monde estil à peu près parti?

LE DOMESTIQUE

Il reste encoie les parents de monsieur et trois ou quatre personnes. Il y a aussi la mère de mademoiselle Thérèse qui attend madame dans le petit salon.

ISABELLE

Bien. Nous allons renvoyer le tout. (Aux autres.) Passons, voulez-vous. {Georges passe le premier.)

MADAME HEIMAN, montrant Jeannine quelle voit de dos, à une table., comme plongée dans la contemplation de photographies.

Re{^ardez-la. Est-elle jolie dans cette pose!

ISABELLE, appelant.

Jeannine !

MADAME HEIMAN.

Elle est plongée dans la contemplation de Saint- Meilhan. Elle n'entend pas.

ISABELLE

Elle fait semblant de ne pas entendre.

MADAJÎE HEIMAN.

Attendez !

ISABELLE

Oh ! vous allez lui faire peur.

MADAME HEIMAN, s'approche à pas de loup de Jeannine et lui met la main sur les yeux.

Coucou ! {Elle retire brusquement les mains.) Oh! vous pleurez, mademoiselle?

ISABELLE

Elle pleure?

MADAME HEIMAN, gênée.

Mais oui, elle pleure! Oh! je vous demande pardon, mademoiselle... je ne savais pas...

ISABELLE, vivement.

Ce n'est rien, ce n'est rien. Ne vous en occupez pas.

L'émotion de la journée sans doute.

LENCHANTEMENT. 201

ISABELLE

Oui, elle est un peu nerveuse ce soir... Voulez-vous '^n dire, s'il vous plaît, à Georges de s'occuper des parts sans moi... qu'on ne m'attende pas, qu'il m excuse.

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