‹ Théâtre completChapitre 142 sur 225 · IRA RE · texte numérisé non relu

IRA RE

C'est écœurant, tiens 1 Songer que tu as déjà un passé!...

GEORGET

Tu ne veux pas me croire quand je dis que c'est

toi la gosse 1

IRÈNE, vivement.

Ne blague pas ! Je t'apporterais peut-être à cette heure, comme les autres, un amour sans illusion, sans mystère et sans curiosité... Dans quelques années seulement, tu apprécieras. ..trop tard... et alors ce sera avec regret et tristesse.

Mais comment se peut-il que tu n'aies jamais aimé?.. Au fait, c'est bête ce que je demande là.

IRÈNE

Non, oe n'est pas bête. Je me le suis demandé moi-même si souvent ! Mariée tout enfant à un mari qui ne m'épousa que pour fonder une famille et unir sa race belge à du joli sang français, j'ai poussé... Et les hommes ne me troublaient pas. Je me suis habituée jeune à leur danger... Leur gaieté me plaisait, leur compagnie m'amusait... mais je les ai vus toujours sans mystère et leur présence ne m'a jamais fait rougir. On n'explique pas ces choses-là.

GEORGET

Ça ne te tardait pas?

IRÈNE

Que si! Seulement à la fm j'y avais renoncé et je n'y pensais plus... Dame! C'est comme quand je croyais que je n'aurais jamais ma voiture à moi : je n'en avais pas envie.

GEORGET

Heureusement que je devais venir... Bibi était là.

IRÈNE

Dieu que tu es stupide, mon pauvre amil... Et puis, non, tiens, j'adore quand tu es radieusement bête comme ça 1... que toute ta jeunesse éclate d'un bon gros rire qui ne peut pas tenir en place..»

Chez moi on me trouve triste comme un bonnet de nuit.

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