‹ Théâtre completChapitre 144 sur 225 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

GEORGET

Si, puisque je te le dis.

IRÈNE

Je n'ai pas confiance en toi... tu es partial.

GEORGET

Que t'importe alors, si moi je te trouve belle.

IRÈNE

Il n'y a que les femmes qui n'aiment pas beaucoup qui se satisfont de cette illusion!... Est-ce que tu m'imagines quand j'avais vingl ans? J'étais rudement bien alors!... Quel dommage!... Pense, imagine un peu, comme je devais être à vingt ans !

GEORGET

Moins bien.

Tiens, parbleu I... {Un temps.) Mais à part ça, j'étais très bien... Dire que tu ne m'auras pas connue à cette époque!... Quelle drôle de chose que de s'accrocher ainsi à un certain moment de la vie... et que tout le reste ce soit de l'ombre !... Imagine-moi... J'avais, tiens, l'ovale bien plus régulier... les tempes ont l'air de s'être allongées, voistu? {Elle se reprend vite^ craintivement,) J'étais plus

jolie, mais j'avais moins de caractère.

GEORGET

Oui, je comprends.

IRÈNE

Comme ça change la figure !... Moi aussi, je voudrais savoir comment tu seras... plus tard... bien plus tard... quand il y aura longtemps que tu ne m'aimeras plus... lorsque nous ne nous connaîtrons plus.

GEORGE r

Méchante I

IRÈNE

Chut! tais-toi... laisse-moi te voir une seconde, en feimant les yeux... Chut.

[Elle met les mains devant les ycur.) GEORGET, riant.

Quelle enfant 1

Pense aussi de ton côté pour moi... {Viœment.) Mais à rebours.

GEORGET

Naturellement.

{Par complaisance j il fait la même chose qu'elle ni met sa figure dans ses mains, mais il y a dans les deux poses la difjérence d'un qui n^y songe pas et de Vautre qui y songe. — Un silence.)

GEORGET, interrompant subitement en riant.

Eh bien, tu es rudement mieux, maintenant, il n'y a pas de comparaison!

IRÈNE, avec élan.

Tu me trouves un peu folle, pas?... 0 mon chéri, mon grand amour, que je t'adore l

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