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ACTE PREMIER

GEORGET

Pas plus que je ne t'aime.

IRÈNE

Bien plus !... bien plu^l... Mais qu'importe !... Ah ! le bonheur seul de t'aimer me paye. Mon petit, mon petit, comme je te défendrais si on voulait te faire du chagrin dans la vie, si tu n'étais pas heureux !... Que je t'aime I II y a un vieux reste de maternité dans la passion que j'ai de toi... Qu'ad\^endra-t-il de tout cela, mon Dieu» mon Dieu? Et où allons-nous?

GEORGET

Tu réfléchis trop, tout le temps... Qu'est-ce que ça fait!

Tu as raison. Laissons-nous emporter... Ah! que ça dure ce que ça durera !... Flamber... Puis baste !... Petit, petit, mets ta tète là. Oh ! te respirer comme les premières violettes !

{Elle V attire contre son cœur.) GEORGET, dans un murmure.

Irène.

IRÈNE

Tout à l'heure, quand ton ombre est apparue sur la vitre, positivement je l'ai sentie là... dans le dos... elle m'attirait... je me retournais tout le temps inquiète... je n'étais plus à ce qu'on disait... je me suis presque trahie, par amour d'elle... Ce n'était pas toi et c'était toi tout de même, cette

ombre, et quand j'ai été cogner dedans avec le doigt, j'ai eu l'impression de la toucher comme un oiseau... Et devant tout le monde, instinctivement, par une irrésistible impulsion, je m'en suis si fort approchée que j'ai senti le contact de la vitre, là, sur mes lèvres... J'avais baisé ton ombre sans le vouloir.

GEORGET, à voix basse.

Je te veux I je te veux !... Tes yeux 1... si tu savais... tes yeux!...

{Une grande lueur ^ pàle^ dehors à la fenêtre.) IRÈNE, surgaulant.

Oh I tu n'as pas vu ?... im éclair... J'ai eu peur.

GEORGET

C'est un éclair de printemps, à l'horizon. Il ne pleut pas...

IRÈNE

Ferme la fen-'tre. 11 y a un souffle qui passe sur l'avenue... Tu entends les platanes qui se courbent?... Ferme. J'ai les épaules nues... et ce soir elles sont trop prêtes à frissonner... (fieorget se penche sur ces épauleS'là^ et y pose les lèvres... Irène ^ le repoussant^ les yeux troublés^ avec'une voix suppliante.) Non,

va-t'en... va -t'en... Ici je suis la mère, Georget, la mère... Et puis Paulot, Paulot au fait?...

GEORGET

Il est dans sa chambre à travailler.

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