ACTE DEUXIÈME
IRÈNE
Ce qu elles défendent, ces bêtes, c'est leur petit, c'est leur chair. (-1 son fils.) J'ai été pour toi cette bête folle, Richard, quand tu étais mon petit. Je n'aurais eu que de la pitié et de l'amour pour toi — dans n'importe quelle circonstance.!.. Et ma passion, je t'en réponds, aurait parlé plus haut que ne parle maintenant ta justice ! Je me serais laissé tuer pour toi, sans discuter... Maintenant, c'est vous qui faites renaître cet instinct-là dans mes entrailles, pour un amour coupable, soit 1 mais que vous me forcez à défendre et que je défendrai de toutes mes forces, je vous en avertis... Essayez I...
[Elle s'agrippe à la porte ^ dressée^ presque terrible.) RYSBERGUE
Eh bien, si tu veux être frappée seule,tu le seras !
IRÈNE
A la bonne heure !
RYSBERGUE
Mais pas comme tu l'entends! Je ne suis point un mari qui tue sa femme. Depuis un quart d'heure tu te méprends étrangement ; tes nerfs t'affolent et t'abusent. Puisque tu nous reproches comme un crime de vouloir châtier ce petit misérable, j'abandonne toute expiation; sois heureuse 1 Seulement, puisque aussi tu répudies les liens les plus saints de la femme et de la mère, puisque tu
nous bafoues et jettes un défi pareil aux tiens, à ta famille... hors les lois, hors le monde I
IRÈNE
Ahl le monde 1... c'est lui qui m'est égal!...
RYSBERGUE, continuant^
Tu trouveras juste et bon qu'à cette famille tu ne fasses plus jamais appel ! Elle ne te répondra paslTu peux partir, si tu le veux. ..tu romps, mais c'est pour toujours 1 Sache-le... Tu es avertie et tu as encore le choix.
IRÈNE
C'est tout choisi.
RYSBERGIE
Alors, passe immédiatement ce seuil que tu ne franchiras plus jamais... [Le poing dressé.) Va-t'en 1 va -t'en donc 1 (// la pousse et referme brutalement la porte du jardin derrière elle. — Richard veut s'élancer çers sa mère. — D''un geste impérieux, son père Ven empêche.) Toi, reste là!... C'est fini!...
RIDEAU