MADELEINE, RICHARD
LOUIS SOUBRIAN, la Nourrice
LOUIS, soulevant le voile de Vcnfant.
Dieu, que c'est laid un enfant de deux moisi... Il paraît que quand je suis venu au monde, moi, j'étais charmant... J'ai perdu depuis... Est-ce qu'il dit papa et maman?
MADELEINE
Vous êtes bête! A deux mois?
SOUBRIAN
Je ne suis pas au courant, je n'ai pas l'habitude... Vous êtes sûre que c'est un petit garçon?... C'est curieux, il a tout à fait l'air d'une tille?... A votre place, je me méfierais. A moins que ce ne soit un nain... Et maintenant, enlevezle, hein?... je veux prendre mon café en paix...
Monsieur Soubrian, vous serez puni : vous aurez beaucoup d'enfants.
SOUBRIAN
Si vous voulez.
RICHARD
Est-il spirituel cet imbécile-là!... Nounou, vous ne sortirez pas avant trois heures. Vous accompagnerez madame chez le médecin, avec le petit... C'est pour le lait stérilisé.
SOUBRIAN
Tu vas faire stériliser la nourrice?
(La nourrice sort.') RICHARD
Le médecin veut essayer une alternance de biberon et de sein.
SOUBRIAN
Ça va la vexer, cette femme, la concurrence. Elle ne débitera plus, vous verrez.
RICHARD
Dis donc... pour te ramener à des choses sérieuses, je vais alors t'écrire cette lettre. Tu passes aux Messageries, tu la remets en te nommant et en disant que tu es le fils du directeur du Grand Radical...
SOUBRIAN
Ça ne leur produira aucun effet... La presse ne fait plus peur qu'aux journalistes.
Allons donc! Tu verras qu'ils rembourseront