‹ Théâtre completChapitre 64 sur 225 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

LA MASLOWA, insistant avec des minauderies. Mais il faut en prendre un bon, un cher.

NEKLUDOFF

Je ferai tout ce qui sera possible.

LA MASLOWA, lui touchant la veste avec la main.

Ça c'est gentil d'avoir pensé à moi... Mon ancienne patronne aussi, tenez, Elle vient de m'envoyer des cigarettes. Si je pouvais acheter de quoi boire maintenant, ce serait déjà mieux... {Elle s' arrête ^attendant la réponse.) Je VOUS demanderais bien, mais j'ai peur d'abuser... un peu d'argent.ohi pas beaucoup... dix roubles, mais seulement si ça ne vous gêne pas... parce que sans ça... Dix roubles... je n'ai pas besoin de plus.

NEKLUDOFF

Mais comment donc... sans doute... sans doute.

LA MASLOWA

Attendez que le gardien ait le dos tourné, sans quoi on me prendrait l'argent. {Elle se retourne pour swi'eiller le gardien au fond et prend V argent au moment où il a le des tourné.) Là... non .. paix!... Il va nous

pincer. {Quand le gardien a disparu derrière la grille

du dortoir.) Psst ! Merci.

(Elle prend Vargent que lui tend Nehludoff.)

NEKLUDOFF, en se reculant d'un pas pendant quelle met l'argent dans son bas.

Mais c'est là une créature morte ! Mon Dieu ! mon Dieu! venez à mon secours... Ah! pouah!...

en finir, lui donner ce portefeuille, et partir... {Pus avec énergie.) Eh bien, eh bien, à quoi est-ce que je m'attendais donc? Allons jusqu'au bout... j'irai jusqu'au bout ! {Rsolument.) Katucha, je suis venu vers toi pour te demander pardon, et tu ne m'as pas dit si tu me pardonnais !

LA MASLOWA, œillade.

Quoi? Quoi? C'est si étrange ce que vous me demandez !

NEKLUDOFF, avec désespoir.

Katucha, Katucha! pourquoi me parles-tu ainsi? Voyons, rappelle-toi, tu sais bien que nous nous sommes aimés jadis... Je me souviens de la petite Catherine, autrefois, à Panopha...

LA MASLOWA, dure.

Cb qui est vieux s'efface. Vous savez, elles vont revenir... je ne sais pas si on va pouvoir vous laisser ici.

NEKLUDOFF, irrité au dernier degré. '

Je sais, on doit m'avertir... Mais ce gardien-là dans le fond est insupportable... C'est assommant , on ne peut pas causer.

Il le fait exprès bien sûr... Donnez-lui deux roubles et il s'en ira.

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