SCENE II LANDERNAU, PACAREL
[LANDERNAU. — Eh! arrive donc, toi.
PACAREL, venant de droite, deuxieme plan. — Me voila! As-tu vu Dufausset?
LANDERNAU. — Pas encore.
PACAREL. — Tu ne sais pas s’il a encore sa voix?
ILANDERNAU. — Ah! dame, je ne !’ai pas vu depuis hier...
PACAREL, — Aprés tout, je suis tranquille, nous avons le moyen... « Colimagon borgne... » Ah! mon Dieu, mais si ¢a n’allait pas marcher a l’Opéra. ;
LANDERNAU. — Ma foi, ¢a pourrait bien arriver; tu sais, moi, on ne
m’enlévera pas une chose de la téte, c’est que Dufausset cherche a nous mettre dedans...
PACAREL. — I] ne serait pas ténor?
LLANDERNAU. —- Au contraire! Seulement, 1] a des raisons pour nous le cacher.
PACAREL, — Tu crois?
LLANDERNAU. — Parbleu! tu comprends, 11 est inadmissible qu’on lui
ai fait une réputation de chanteur, méme dans le Midi, s’il est completement aphone. Seulement, il a da flairer la vérité... apprendre que l’Opéra voulait l’engager; alors, furieux d’avoir signé avec toi, il n’a trouvé d’autre moyen, pour t’amener a résilier son engagement, que de te faire croire qu’il n’avait pas de voix.
PACAREL. —- Ah! bien, elle n’est pas mauvaise! il la connait, Dufausset!... heureusement que tu as vu cela tout de suite, toi; cest que nous ne sommes pas des imbéciles.
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