‹ Théâtre complet illustréChapitre 109 sur 198 · I. Eclairer . surveiller · texte numérisé non relu

I. Eclairer . surveiller

UAJAZET

Du père d'Amnrat Atalide est la nièce ;

Et même avec ses fils partageant sa tendresse,

Elle a vu son entance élevée avec eux.

Du prince, en apparence, elle reçoit les vœux ;

Mais elle les reçoit pour les rendre à Roxane,

Et veut bien, sous'son nom, qu'il aime la sultane.

Cependant, cher Osmin, pour s'appuyer de moi.

L'un et l'autre ont promis Atalide à ma toi.

OSMIN

Quoi ? vous l aimez, seigneur ?

ACOM.\T.

Voudrais-tu qu'à mon âge Je fisse de l'amour le vil apprentissage ? Qu un cœur qu'ont endurci la fatigue et les ans Suivît d'un vain plaisir les conseils imprudents ? C'est par d'autres attraits qu'elle plaît à ma vue ; J'aime en elle le sang dont elle est descendue. Par elle Bajazet, en m'approchant de lui, Me va, contre lui-même, assurer un appui. Un vizir aux sultans fait toujours quelque ombrage ; A peine ils l'ont choisi qu'ils craignent leur ouvrage. Sa dépouille est un bien qu'ils veulent recueillir, Et jamais leurs chagrins ne nous laissent vieillir. Bajazet aujourd'hui m'honore et me caresse ; Ses périls tous les jours réveillent sa tendresse : Ce même Bajazet, sur le trône affermi, Méconnaîtra peut-être un inutile- ami.

Et moi, si mon devoir, si ma toi ne l'arrête, S'il ose quelque jour me demander ma tête... Je ne m'explique point, Osmin, mais je prétends Que du moins il faudra la demander longtemps. Je sais rendre aux sultans de fidèles services ; Mais je laisse au vulgaire adorer leurs caprices, Et ne me pique point du scrupule insensé De bénir mon trépas quand ils l'ont prononcé.

Voilà donc de ces lieux ce qui m'ouvre l'entrée, Et comme enfin Roxane à mes yeux s'est montrée, Invisible d'abord, elle entendait ma voix Et craignait du sérail les rigoureuses lois ; Mais enfin, bannissant cette importune crainte, Oui dans nos entretiens jetait trop de contrainte, Elle-même a choisi cet endroit écarté, Où nos cœurs à nos yeux parlent en liberté.

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