ACTE I, SCÈNE I
LE CROUPIER
Monsieur Piégois a toujours Tair de bonne humeur... Pourquoi me demandez- vous ça, monsieur Boisgenet?
BOISGENET.
Parce que j'ai rudement perdu hier soir...
LE CROUPIER
Ah ! ah !
BOISGENET.
Et je voulais savoir si Piégois a l'air d'un homme qui me prêtera une centaine de louis tout à rheure !
LE CROUPIER
C'est pile ou face.
BOISGENET.
Il passera par ici, n'est-ce pas?
LE CROUPIER
Certainement.
BOISGENET.
Bon ! je vais'le guetter...
(Il va s'asseoir sur un fauteuil au fond.) DE CERNEUIL, au croupier qui remonte,
Jean ?
LE CROUPIER
Monsieur Cerneuil?... (A part.) Autre tapeur.
DE CERNEUIL, à voix basse.
Vous n'avez pas vu Piégois ?
LE CROUPIER
Nous l'attendons d'un instant à l'autre.
DE CERNEUIL.
Parfait. . .
294 MO^rstBùR piéGOis
LE CROtPIÊA.
Dites, mônsieiif Cei*ûeuil?
DE CERNEUIL.
Quoi, mon ami?
LE CROUPIER, se lôlit'nnnl léffii'ement du tôle dé Bougnnét
Je VOUS préviens que votre ami, monsieur Boisgenet, attend aussi monsieur Piégois^ et pour la même raison que vous, probablement, il n'a pas été heureux, hier soir.
DB CERNEUIL.
Et moi, donc!
Le cROùPiËrt.
Si vous ne trouvez pas un tfUC pôUt* l'éloigner, vous allez vous faire du tort tous les deux.
bÉ CÉftî^ÈUIL:
Merci, Jean.,. Je vais tâcher de trouver un truc.
LE CROUPIER
Bonne chance, monsieur Cerneuil!
DE CERNEUIL.
Un louis pour vous, si ça réussit...
(Le croupier remercie de la tête et disparaît dans la salle de baccara. De Cerneuil regarde sa moiltfê et fait quelques pas de lon^ en large. Boisgenet, en l'apercevant, se lève du canapé et s'avance vers lui.)
BOISGENET.
Tiens, Cerneuil, ça va?
DE CERNEUIL.
Et vous?
(Pôlghée de mAifi.)
BOISGENET, ouvranl un étui.
Une cigarette?