SCENE YI
* PIÉGOIS, LEBRASIER.
LEBRA6IBR.
Je n'en reviens pas !... C'est toi, Piégois, le directeur du casino, le propriétaire de toute la yUle!...
PIÉGOIS.
Tu exagères...
LEBRASIER.
Mats npq, ou n'ôutând parler que de toi, ici ! Si on veut loues une villa, elle t'appartiant 1 Sur tous les terrains on voit une pancarte avec ton nom. « S'adressera monsieur Piégois » et « monsieur » en toutes lettres!... A l'hôtel, on m'a demandé : « Avez-yp,u§ \in mot de monsieur Piégois?... » Et cojpame je n'avfii,is pas un mot de toij pn pa'a fait copchex siir un ft)urn,^u, c'est admirable !... Eh bien, mais tu en as fait un drôle de chemin depuis Iç; joui? Q^^ je suis allé te voir detns çettp petite chambre, rue Notre-Dame-rde- Lorette... sous les toits !.,. Ah ! tu étais ilécavé, h ce momeut-làl...
' ' '■ PIÉGOIS.
Tellement décavé que je t'ai emprunté cent sous, et je suis même entrain de me rappeler que j|ç pe te les eii ja,iflais feçi^^s.
LEBRASIER.
Je ne te les réclanjje pa§.»
Les voici. Je te demanda pardon de te les avoir foit attendre si longtemps.
320 MONSIEUR PIÉGOIS
LEBRASIER.
Si Ton m'avait dit que je rentrerais un jour dans ces cent sous-là!...
PIÉGOIS.
Tout arrive... Ce bon Lebrasier !... Tu ne peux pas te figurer comme je suis content de te revoir ! . . . A propos, tu as envie de la villa des Coccinelles ?
LEBRASIER.
Deux petites pièces seulement, si ce n'est pas trop cher.
Tu badines. Toute la villa est à toi, pour toute la saison. Je te la prête, tu es mon hôte.
LEBRASIER.
Non, non, je ne veux pas,
PIÉGOIS.
Ça me fera plaisir, c'est l'intérêt de tes cent sous... Et pas de scrupules, tu me désobligerais.
LEBRASIER.
A ce point de vue, j'accepte... C'est toi qui me loges maintenant, c'est très curieux... Je suis stupéfait !.... si tant est qu'on puisse être aujourd'hui stupéfait de quelque chose...
PIÉGOIS.
Ah çà ! et toi ? Donne-moi un peu de tes nouvelles !... Tu es encore à l'Assistance publique?
LEBRASIER.
Quand on est là dedans, c'est pour la vie... La seule différence, c'estqu autrefois j'étais sous-chef de bureau, et qu'aujourd'hui je suis chef de