‹ Theatre Complet IV La Chatelaine L'Adversaire Monsieur PiegoisChapitre 20 sur 272 · acte; I, SCKNE · texte numérisé non relu

acte; I, SCKNE

LA BAUDIEHE.

Tout de lïîême, hmp! Le ip^r gti yqu^ p.v^ JQté sur le tapis vptr^ dermey Billet de çQpt frAl^c^t VQUS ^ avez pç^s eu de Fçmords?

JGSSAN,

J'avais reçu Iç matin vîpgt-ciiiq mUk frî^npg, Q*est tout ce qui nje rest?iit, p^bçolumeïit toyt.îi Cejp, représentait le prix çl*^^ petit mQulin qui n'est pas loin d'ici, le movilîn dé Lorsp-y, Je spis allé le ravoir hier, Il ne tgurne p^s très fqrt, il ft Taspeçt mélancolique d'ui^ mo^li^ qui b^ ét^ p^rdu au baççara, ep une nuit, Jq mp rappçlU qne YQrs deux heures du m^itin, j'avais çeut çiuqup.nte mille francs devant moi.

Sftcpebleu!.,. Il fallait vous en aller.

JGSSAN.

Il le fallait, certainement, Mftis j'avais ipoi^ idée,,.

. l^A B^UPIERE,

Qqi étftit dq tout reperdre,

JGSSAN,

Ce que ie fis... Et à quatre heures du matin» environ, j çiyais d§tus ipa DQch^ trois pièces de ceut soup et sept ou huit traufiSj je ue me rP^ppelle pas si p'^it sept qu huit, de petite lUpnna^ie.

Nom d'un chien!... Ça m'émeut! Ça m'émeut rétrospectivement... Et alors?

JGSSAN.

Je quittai le club aprèa avoir allumé un cigare et je rentrai à pied, sou§ le regard distrçiit des

48 LA CHATELAINE

premiers balayeurs. En arrivant au coin de ma rue, je vis une dame qui se promenait le long des maisons, les mains dans un petit manchon noir et qui n'avait pas Tair de s amuser. Ce n'était pas la première fois que je la rencontrais dans des circonstances analogues, et elle m'avait déjà fait à diverses reprises les compliments les plus flatteurs sur ma personne, ce qui ne m'avait inspiré aucune vanité. Quand je passai près d'elle, elle leva les yeux vers moi, remarqua probablement que ma figure n'était pas celle d'un homme réjoui et essaya de me consoler par ces mots : « Eh bien ! Et moi qui suis là depuis dix heures et demie du soir! » Alors, je pris dans ma

Eoche deux pièces de cent sous (jui faisaient un ruit ridicule et je les lui donnai tout en m'éloignant. Je l'entendis derrière moi qui disait : « Chouette ! » sans chercher à me remercier outre mesure. Et nous rentrâmes, moi, chez moi, et elle, je ne sais pas où. Mon cher, je ne vous dirai pas que cette histoire a eu une grande importance dans ma vie, mais c'est tout de même un de ces petits faits qui vous font réfléchir et qui découvrent en vous des ressorts qu'on ne soupçonnait pas. Je dormis fort bien et en me réveillant le lendemain, j'eus la sensation bien nette que j'arrivais dans un pays dont j'ignorais la langue et où il faillait me débrouiller. Je sautai à bas de mon lit, plein de résolutions vagues mais énergiques et je m'aperçus que j'étais de très bonne humeur.

LA BAUDIÈRE.

Ah! oui... Vous vous êtes joliment débrouillé.

JOSSAN.

Oh ! ça n'a pas été tout seul.

Page 1