ACTE II, SCÈNE II
d'une belle terre que je t'aurais trouvée facilement?
JOSSAN.
C'est le descendant d'un baron féodal qui me pose cette question, à moi, simple vilain!... Mais, malheureux, tes ancêtres n'avaient pas d'autre habitation. C'est de là qu'ils bondissaient dans la plaine pour y faire mille espiègleries avec leurs vassales.
LE BARON
Je ne regrette pas cette époque.
JOSSAN,
Dire que tu as fait raser ton vieux castel pour y établir une ferme modèle !
LE BARON
11 ne tenait plus debout.
CLOTILDE
Moi, je suis enchantée de voir André se rapprocher de nous...
LE BARON
Et puis, tu te l'imagines déjà installé ici avec une bonne petite femme que tu auras choisie toimême.
CLOTILDE
Pourquoi pas ?
LE BARON
Et moi je te dis que jamais André ne se mariera.
CLOTILDE
Je parie que si.
LE BARON
Je parie que non.
JOSSAN.
Vous n'auriez pas l'idée de me demander ça à moi?
60 LA CHATELAINE
LE BARON
Tu ne t'aperçois donc pas qu'il y a un petit complot ici pour te marier?...
CLOTILDE
Quel bavard tu fais !
JOSSAN.
Mais non, je ne m'aperçois de rien... Et avec qui?...
LE BARON
Tu ne devines pas? Allons donc!
JOSSAN.
Non.
CLOTILDE, à son mari.
Je t'en prie !
LE BARON, haussant les épaules.
La petite Lucienne La Baudière, pardi!
CLOTILDE, à son mari.
Tu peux te vanter, toi!... (A André.) Enfin, puisqu'on en parle, que penses-tu de Lucienne?
JOSSAN.
Elle est charmante.
CLOTILDE
Ah!... La veux-tu?
JOSSAN.
Gomme femme?
CLOTILDE
Enfin, veux-tu l'épouser?
JOSSAN.
Je te demande une minute de réflexion.
LE BARON
Ce n'est pas trop.