ACTE m, SCENE HI
Hélas! que de raisons contre une malheureuse* !
ZAÏRE
Mais ce succès, Madame, est encore incertain. Attendez.
ATALIDE
Non, vois-tu, je le nierais en vain.
Je ne prends point plaisir à croître ma misère^. 925
Je sais pour se sauver tout ce qu'il a dû faire ^ Quand mes pleurs vers Roxane ont rappelé ses pas. Je n'ai point prétendu qu'il ne m'obéît pas. Mais après les adieux que je venais d'entendre, Après tous les transports d'une douleur si tendre, 930
Je sais qu'il n'a point dû lui faire remarquer '* La joie et les transports qu'on vient de m'expliquer^. Toi-même juge-nous, et vois si je m'abuse. Pourquoi de ce conseil moi seule suis-je excluse ^? Au sort de Bajazet ai-je si peu de purt ' ? 93';
11 unit ses Étal» à ceux de Trchizonde :
Arax;de "-n est Reine, el par raison d'Elat
II l'epouse... Ab! raisons |iro|iri^i! pour un ingrat!
O ci'l ! quel iDlerèl el quelle lécouipense !
Aravide •■<t le prix de celle ronfiilence :
Oui, je commence à voir l'excès de mon innlheiir.
Pour deux trônes sans dnute il a vendu siiii cœur.
Quel revers pour le mien si leiidre el ?i liniide !
Je crai;;nais son dépari, et non pas Araxide ;
Elle arrive liientôt... Un empir^ écl t.iul...
Ah! que n'esl-il parti, Zaïde. en cet instant?
Hais ne l'a-l-oii jamais parlé de la Princesse?
A-l-elle cet éclat qui surprend, inlére-se ?
Mes jeux, nus lri?les vhiix lou" pleins de ma langueur,
Pouriout-ils d'Anili'onic nn! conserver le cœur ?
Les siens sont-ils à craindre ? est-elle jeune, belle ?
EnGn est-elle propre à laire un inTidèle ?
1. On ne d't filus aujourd'hui, dans le style relevé, une malheureuse.