SCENE IV
ROXANE, seule.
Ma rivale à mes yeux s'est enfin déclarée '.
Voilà sur quelle toi je m'étais assurée*. 1-10
Depuis six mois entiers j'ai cru que nuit et jour,
Ardente, elle veillait au soin de mon amour;
Et c'est moi qui, du sien ministre trop fidèle °,
Semble depuis six mois ne veiller que pour elle
Qui me suis appliquée à chercher les moyens 121o
De lui faciliter tant d'heureux enlreliens,
Et qui môme souvent, prévenant son envie,
Ai hâté les moments les plus doux de sa vie^.
Ce n'est pas tout : il faut maintenant m'éclaircir''
Si dans sa perfidie elle a su réussir* ; 1220
Il faut... Mais que pourrais-je apprendre davantage?
Mon malheur n'est-il pas écrit sur son visage?
Vois-je pas ^, au travers de son saisissement,
Un cœur dans ses douleurs content de son amant?
Exempte des soupçons dont je suis tourmentée, f225
Ce n'est que pour ses jours qu'elle est épouvantée '".
1. C'est pour obéir à cet ordre que Zatinic apportera tout à l'heure à la Sultano la lettre de Bajazet. '
2. '< Métonymie élégante : en prose il faudrait dire tout ce qui convaincra ces perfides rimants ; car on ne peut proproment coiwain<re que les personnes, rt non pas les clioses. C'est de Racine et de Bcileau que nous avons appris à figurer convenablement la lang'ue poétique. » (La HAnps.
3. Alfrer) dj Musset adnirait :i la passion, l'énergie,... presque la férocité, » avec laquelle Ra'-hel disait ce vers.