Var. — J'aime, je le confesse, et devant qu'à ma vue
Prévenant mon espoir, vous fussiez apparue (1672).
Déjà plein d'un amour dès l'en Tance formé,
A tout autre désir ^ mon cœur était fermé.
Vous ma vîntes offrir el la vie et l'Empire ;
Et môme votre amour, si j'ose vous le dire,
Consultant vos bienfaits, les crut et sur leur foi V600
De tous mes sentiments vous répondit pour moi-.
Je connus votre erreur ; mais que pouvais-je faire ?
Je vis en même temps qu'elle vous était chère ^.
Combien le trône tente un cœur ambitieux !
Un si noble présent me fit ouvrir les yeux. Jo05
Je chéris, j'acceptai, sans tarder davantage,
L'heureuse occasion de sortir d'esclavage.
D'autant plus qu'il fallait l'accepter ou périr;
D'autant plus que vous-même, ardente à me l'offrir,
Vous ne craigniez rien tant que d'être refusée ; 1310
Que même mes refus vous auraient exposée *;
Qu'après avoir osé me voir et me parler.
Il était dangereux pour vous de reculer.
Cependant je n'en veux pour témoins que vos plaintes ^ :
Ai-je pu vous tromper par des promesses feintes'? i513
Songez combien de fois vous m'avez reproché
Un silence témoin de mon ti ouble caché.
Plus relTet, de vos soins'^ et ma gloire étaient proches,
Plus mon cœur interdit se faisait de reproches.
Le ciel, qui m'entendait, sait bien qu'en même temps Ib20
Je ne m'arrêtais pas à des vœux impuissants ;