‹ Théâtre completChapitre 198 sur 592 · Var. — J'aime, je le confesse, et devant qu'à ma vue · texte numérisé non relu

Var. — J'aime, je le confesse, et devant qu'à ma vue

Prévenant mon espoir, vous fussiez apparue (1672).

Déjà plein d'un amour dès l'en Tance formé,

A tout autre désir ^ mon cœur était fermé.

Vous ma vîntes offrir el la vie et l'Empire ;

Et môme votre amour, si j'ose vous le dire,

Consultant vos bienfaits, les crut et sur leur foi V600

De tous mes sentiments vous répondit pour moi-.

Je connus votre erreur ; mais que pouvais-je faire ?

Je vis en même temps qu'elle vous était chère ^.

Combien le trône tente un cœur ambitieux !

Un si noble présent me fit ouvrir les yeux. Jo05

Je chéris, j'acceptai, sans tarder davantage,

L'heureuse occasion de sortir d'esclavage.

D'autant plus qu'il fallait l'accepter ou périr;

D'autant plus que vous-même, ardente à me l'offrir,

Vous ne craigniez rien tant que d'être refusée ; 1310

Que même mes refus vous auraient exposée *;

Qu'après avoir osé me voir et me parler.

Il était dangereux pour vous de reculer.

Cependant je n'en veux pour témoins que vos plaintes ^ :

Ai-je pu vous tromper par des promesses feintes'? i513

Songez combien de fois vous m'avez reproché

Un silence témoin de mon ti ouble caché.

Plus relTet, de vos soins'^ et ma gloire étaient proches,

Plus mon cœur interdit se faisait de reproches.

Le ciel, qui m'entendait, sait bien qu'en même temps Ib20

Je ne m'arrêtais pas à des vœux impuissants ;

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