‹ Théâtre completChapitre 2 sur 592 · II, I · texte numérisé non relu

II, I

s'écrie-telle, et elle lui donne avis de se défier des janissaires, sourdement irrités de voir leur prince déguiser une retraite sous l'apparence d'un pèlerinage « à la Sainte-Méiline ». Elle lui raconte un rêve qu'elle a fait, dans lequel le vieux et saint Moustapha, l'oncle du Sultan, a vu la prédiction d'une chute prochaine pour Osman, et elle lai rappelle que, comme tous les fous, Moustapha lit dans l'avenir :

Lorsque do tous pérht!'S une âme s'est purgée, De dons surnaturels elle est avantagée, Et, s'élevant au Ciel, elle manque aux accords Dont elle doit régler les mouvements du corps : De là viennent, Seigneur, ces gestes qui funt rire. Que l'ignorant méprise, et que le sage admire, Et nous devons toujours révérer les propos De ceux de qui l'esprit n'est jamais en repos. En leurs dérèglements la giàce est manileste. Puisqu'ils sont agités d'une cause céleste.

Mais ces paroles ont pour unique résultat d'irriter Osman contre Moustapha :

Si j'entrais en colère, il me prendrait envie

De voir s'il a prévu le terme de sa vie.

Si de quelque for chaud il peut être aveuglé.

Si d'une corde d'arc il doit être étranglé.

S'il ne craint puint la flamme, ou n'a point peur encore

De trouver en buvant trop d'eau dans le Bosphore i.

Sur ces entrefaites, on amène la Fille du Mouphti ; mais Osman la trouve moins belle que son portrait, et, brutalement, la renvoie. La jeune fille déplore sa honte, et, oubliant l'amour secret qu'elle éprouve pour celui qui la méprise, quand le Bassa Sélim vient lui annoncer la révolte prochaine des janissaires et lui offrir de la venger si elle veut répondre à son amour, elle lui dit :

Je connaîtrai ton cœur, quand je verrai sa tcte 2.

L'acte suivant est rempli tout entier par le récit de la révolte, qu'apaise le seul aspect du Sultan ; mais la sédition éclate à nouveau, et au quatrième acte la Sultane, qui accourt éperdue, dit à son frère :

Seigneur, tout est perdu; vingt mille hommes en armes Menacent le Serrail et viennent fondre ici '. Tu les verras bientôt. — Ils me verront aussi 8,

répond Osman ; et bientôt en effet les janissaires demandent très haut à parler au maître, sachant bien à quoi leur témérité les expose; car, dit Sélim,

Nous connaissons fort bien cette fausse fenêtre. D'où souvent en secret il nous oit sans paraître ♦.

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