IV, m
Osman se montre au balcon :
Qui vous fait assembler pour me donner conseil ? L'ombre est-elle ea état d'éclairer le soleil ?
Mais, loin de céder à ces altières paroles, ils demandent les tètes de trois des amis de l'Empereur, qui entre en fureur :
Leur audace à tel point ose se dérégler !
Où sont des Capigis qu'on les aille étrangler 1 ?
et l'acte se termine sur les menaces mutuelles du Sultan et de ses légions.
A l'acte V, Osman paraît, triste; Moustapha, le fou, vient d'être proclamé. Tandis que le Sultan détrôné exale sa douleur en stances, il voit appiocher la Fille du Mouphti.
Cieux ! Qu'est-ce que je vois ? Cette fille importune Accroît par son objet ma mauvaise fortune ; Ne prenons pas la route où ses pas sont tournés, Ou passons promptement un mouchoir sur le nez 2
La pauvre jeune fille l'arrête; elle a choisi le moment où il est abandonné de tous, pour lui déclarer qu'elle lui pardonne et qu'elle 'aime. Mais rien ne peut vaincre l'aversion d'Osman; il s'éloigne, et bientôt la Fille du Mouphti apprend qu'il a succombé après une héroïque résistance. Elle s'écrie qu'il n'est pas mort, puisqu'il vit encore dans son cœur, et elle perce ce cœur, afin d'achever le héros. Tel est le dénouement ridicule de cette œuvre pittoresque, qui renferme des parties remarquables, et qui offre à notre admiration deux rôles superbes, ceux d'Osman et de la Fille du Mouphti. Cet amour dédaigné est marqué de traits assez touchants et assez énergiques pour mériter d'être signalé, même à côté des fureurs de Roxane.
Si le xvi* siècle et le xvii* ont produit un nombre relativement encore assez restreint de tragédies turques, les nouvelles turques foisonnent au contraire à cette époque; la Turquie était le pays à la mode, et peu d'auteurs résistaient à la tentation d'y placer un récit quelconque. Parmi ces Nouvelles, il en est une qui mérite tout particulièrement notre intérêt.
Vers la fin de 165G, Segrais avait publié sous ce titre : Divertissement de la Princesse Aurélie, deux volumes de Nouvelles, écrites avec cette délicatesse et cette élégance qui caractérisent ses œuvres. La dernière de ces Nouvelles, Floridon ou l'Amour imprudent, que Silerite (la marquise de Mauny) raconte « d'après un homme de qualité qui a été longtemps ambassadeur à Constantinople 3», repose