SCENE VI
ROXANE, ATALTDE3.
Je ne viens plus, Madame, à feindre disposée,
Tromper votre bonté si longtemps abusée: 1575
dit à Zatime encore plus tranquillement:
El loi, suis Bajazet qui sort ; Et, quand il sera temps, vimis m'uppreiidre sun sort,
ne peut plus inspirer le moindre intérêt. Ce cinquième acta est très-froid, à une scène près ; c'est une complifalion de meurtres sans intérêt ; et, après la sortie de Bajazet, la curiosité seule fait entendre le reste. » (La Harpk.)
i. Ce n'est pas pour l'érouter, mais pour jouir de sa terrevff et de ses larmes que Roxane consent à voir Âtalide.
2. Le poète a besoin de Zatime pour annoncer tout à l'heure à Roxane qu'Acoinat est entré en armes dans le palais; voilà pourquoi la Sultane lui donne l'ordre de sortir; mais, en revenant, Zatime, tout émue de voir le sérail forcé, ne nous informera pas du sort de Bajazet. On a beaucoup critiqué le dénouement de Bajazet ; on a dit que la pièce était terminée au fameux Sortez, et que les deux cents vers ((u'a écrits encore le poète étaient inutiles, comme les soixantedix derniers vers de Britannicus. Cette critique est injuste. A part la scène vi. qui est purement de remplissagre, il y a dans les dernières scènes de Bajazet une confusion, un trouble, une succession de coups de théâtre qui excitent un véritable intérêt, bien que parfois les artifices du poète soient un peu trop visibles.
3. Au siècle dernier, Adrienne Lecouvreur et Mademoiselle Duclos jouaient ensemble Bajazet, la première essayant d'introduire dans la tragédie le lanpagc naturel, la seconde continuant à la chanter, suivant la tradition ; le public s'intéressait à cette rivalité, tout en favorisant ouvertement la Lecouvreur. Au second acte de leur drame d' Adrienne Lecouvreur (ix). Scribe et M. Lesrouvé nous introduisent dans le foyer de la Comédie Française pendant une représentation de Bajazet, et un vieux comédien, Michonnet, suit de l'œil la lutte des deux artistes : « Ali! la Duclos, qui entre à ce moment Oui, évertue-toi, pauvre
fille pleure.... crie !.... Tu aimes mieux chanter?.... chante ! Tu as beau fairS;
tu es vaincue ! » Ce fut sur le petit théâtre de Versailles que Mademoiselle Clairon tenta pour la première fois d'introduire la vérité dans la déclamation : « L'événement, dit Marmontel (Mémoires, V), passa son attente et la mieime. Ce ne fut plus l'actrice, ce fut Roxane elle-mcme que l'on crut voir et entendre. L'étonncment, l'illusion, le ravissement fut extrême. » Ce fut à cette représentation que Mademoiselle Clairon tenta ésslenient d'introduire à la scène la vérité du costume : « J'allai, dit Marmontel (Mémoires, V), la voir à sa toilette; et pour la première fois je la trouvai habillée en Sultane, sans panier, les bras demi-nus, et dans li>. vérité du costume oriental. » Les deux tcntati\es de Mademoiselle Clairon furent heureuses; elle s'en réjouit, bien qu'elle affirmât perdre dix mille VI Uî d'habits à la réforme du costume. Voir acte 1, scène u, uote 1.