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Voir Athalie, note du vers

8. Cette image est fort belle, et rachète presque le manque d'intérêt de cette scène inutile. Racine a tenu ici à nous rappeler l'illustre naissance d'Atalide, pour nous mieux faire sentir l'humiliation volontaire qu'elle s'impose. .\us yeux d'Atalide, Roxane, en dépit de son titre de Sultane, n'est toujours qu'une esclave (voir le vers 1651).

9. Faire envisager: « Au lieu de me représenter que je n'étais pas digne de vous aimer. » (ScinnoN, Roman comique, I, xui.)

10. Mânes vient d.; l'inusité manis, doux, bienveillant. — Pour attester, voir Esther, note du vers 738.

11. « L'accusant d'avoir part à ma mort. On se servait encore alors figurément, dans la poésie et dans l'éloquence, do ces termes, qui ne sont plus d'usage qu'au barreau. Corneille y est fort sujet ; Racine ne se l'est permis qu'une fois, et nos bons écrivains y ont renoncé. » {hh. Haiipe.)

130 BA.IAZEÏ.

Mon importune ardeur ne s'est point ralenlie, Qu'arrachant, malgré lui, des gages de sa loi, Je ne sois parvenue à le perdre avec moi. i603

Mais pourquoi vos bontés seraient-elles lassées? Ne vous arrêtez point à ses froideurs passées. C'est moi qui l'y forçai. Les nœuds que j'ai rompus Se rejoindront bientôt, quand je ne serai plus. Quelque peine pourtant qui soit due à mon crime, 1610

N'ordonnez pas vous-même une mort légitime, IlI ne vous monirez point à son cœur éperdu Couverte de mon sang par vos mains répandu *. D'un cœur trop tendre encore épargnez la faiblesse. Vous pouvez de mon sort me laisser la maîtresse, 1615

Madame : mon trépas n'en sera pas moins prompt. Jouissez d'un bonheur dont ma mort vous répond; Couronnez un hàros dont vous serez chérie. J'aurai soin de ma mort, prenez soin de sa vie -. Allez, Madame, allez. Avant votre retour, 1620

J'aurai d'une rivale affranchi votre amour^.

ROSANE.

Je ne mérite pas un si grand sacriGce * :

Je me connais. Madame, et je me fais justice.

Loin de vous séparer, je prétends aujourd'hui

Par des nœuds éternels vous unir avec lui ^ 1625

1. C'est cette ronsidération qui, dans Scgrais, décide Roxane à épargner Floridon. — Tout ee discours est rempli de générosité, de délicatesse, et d'Iiabileté; mais 'a tendre Atalide avec ses accès de jalousie infcmpcstifs a lassé notre sympathie ; Roxane est odieuse ; Bajazet noffie guère d'inlérct ; notre curiosité seule est piquée; il s'agit de de-viner le dénouement, et iout le talent du poète consistera à ne pas nous faire trouver longs les détours par lesquels il amène la catastrophe.

2. Voilà qui est trop bien dit : du moment qu'Atalide fait des antithèses aussi froides, elle n'est pas bien énnie, et, par conséquent, ne nous émeut guère.

3. Pour mieux sentir le mérite de cette scène, mérite qui consiste dans la délicatesse des sentiments et dans l'élégance du style, on peut la comparer à la scène de la duchesse d'Irton et d'Elisabeth, dans le Comte d Essex do Thomas Corneille. Tout ce qui manque à la scène du ( omte d'Essex servira à faire ressortir tout ce que l'on trouve à louer dans la S'^cne de liajazct. Les beautés du genre de celles qu'i n admire dans ce couplet d'Atalide et dans Bérén ce étaient fort à la mode au ivii" siècle, bien qu'elles nous paraissent froides à coté des beautés passionnées du rôle de Hoxane. C'est ce qui nous explique pourquoi Racine confia le personnage d'Atalide à la C.hampmeslé.

4. Cette froideur, cette raillerie, achèvent de peindre Roxane et de nous la rendre odieuse.

5. Pareille ironie se trouvait déjà dans Le grand et dernier Solyman (V, i) de Mairct :

Oui, loin de rendre vains inlMe amoureux sennenls El donnés el reçu* enire ci'S drtix aninnts, l.niii (!.■ roiiipie le nœud qu'ils serrèreul m'emlile, Je veux qu'un plus étroit aujourd'liui \e% rassemble.

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