ATALIDE, ACOMAT, OSMIN, ZAJRE
ACOMAT
Ses yeux ne l'ont-ils point séduite - ? 1675
Roxane est-elle morte?
OSMIN
Oui ; j'ai vu l'assassin Retirer son poignard tout fumant de son sein. Orcan, qui méditait ce cruel stratagème^, La servait, à dessein de la perdre elle-même* ; Et le Sultan l'avait chargé secrètement 1680
De lui sacrifier l'amante après l'amant ^. Lui-même, d'aussi loin qu'il nous a vus paraître : « Adorez, a-t-il dit, l'ordre de votre maître ® ; De son auguste seing reconnaissez les traits'', Perfides, et sortez de ce sacré palais*. » 1685
A ce discours, laissant la Sultane expirante, lia marché vers nous ; et d'une main sanglante Il nous a déployé l'ordre dont Amurat
1. C'est en voyant arriver Osmin qim Zaïre prononce ces mots.
2. Abusée, trompée, comme dans le Clitandre de Corneille (I, v) :
Ro^Ldor, séduit J'uii faux cartel.
3. Le mot siratayème n'est nsut-êfre pas ici assez expressif.
4. Perdre a ici le sens de tuer, comme dans Athalie (UI, vu) :
Tn Ira|i|ie3 et guéris, tu perds et ressuscites.
0. « Ce vers répond parfaitement à la critique de Madame de Sévigné, qui dit qu'on n'entre point dans les motifs de cette grande tuerie : on y entre parfaitement, et il est très-naturel qu'Amurat, se défiant de Roxane tt do B;ijazet. ait donné ordre de les faire nuiurir tous les deux. » (Geoffiioy.) Ajoutons que ce vers ne laisse plus aucun doute au spectateur sur le sort di; Bajazct, tandis qu'il n'est pas encore assez clair pour enlever à Atalide et au visirleur illusion.