SCÈNE XII
ATALIDE, ZAÏRE
ATALIDE
Enfin, c'en est donc fait ; et par mes artifices ^,
Mes injustes soupçons, mes funestes caprices'',
Je suis donc arrivée au douloureux moment
Où je vois par mon crime expirer mon amant *. , 172."J
i. \oiT Britannicus, note du \ers 582.
2. Consulter est ici un verbe neutre, et a le sens de délibérer, réfléclir. comme dans le Cid (UI, m) :
Je ne consulte point pour suivie mon devoir.
3. Les convenances, la politesse, les mœurs oratoires, tout est merveilleusement observé dans ce couplet du visir; mais il ne récliauPfe pas l'intérêt.
4. '< On ne sait à quoi se rapporte jusqu'au pied ; peut-on dire je viens vous retrouver sur 7nes vaisseaux tout prêts jusqu'au pied des murs que la mer vient laver? ISous craignons que le tcxto n'ait été altéré ici; car nous croyons a\oi' peine que Racine, cet écrivain ordinairement si clair, ait laissé subsister une chose qu'on ne peut entendre. » (Luneau de Boisjermain.) — Ce dénouement rappelle par beaucoup de côtés celui d' Andromaque ; il n'est pas jusqu'à ce vaisseau, sur lequel Acomat viendra chercher \talide. qui ne fasse songer à celui sur lequel Oresto veut enlever Hermione. — Voir la note du vers 872.
5. « La tragédie pourrait finir à cette scène : le spectateur supposerait qu'At.Tlide donne un consentement tacite à la proposition d'Aconiat ; et la règle, qui veut qu'on rende compte, à la (in, du sort de chaque personnage, serait suflisamnient observée. Le dénouement serait ainsi débarrassé d'un monologue qui liî fait languir, et d'un meurtre très-froid. Rien n'est plus \icieux que d'ensanglanter mal à propos la scène ; rien n'est moins tragique que la mort d'un personnage auquel on prend peu d'intérêt. » (Geoffroy.) — Nous ne pouvons encore ici nous ranger à l'avis de Geollroy. Atalide, tout entière à sa douleur et à s.-» mort qu'elle prépare, n'a pas même écouté le visir; si la toile tombait après ce morceau, la princesse semblerait en i.'ffet accorder un consentement tacite à l'offre qui lui est faite, et ce coosenteraent serait en désaccord avec le caractère que lui a prêté le poète.
". Voir BiilannicHS, note du vers 932.
7. Voir Mil/iridate. note du vers 1ùI3, et Phèdre, note du vers 492.
S. Pradon {Tamerlan , IV, v) a imité ces deux vers ;
Kt cependant je toictie au funeste moment Où je verrai périr mon père et mun anuiit.