Ibid
NOTICE SUR MITBRIDATE, loi
Et, comme Pharnace objecte les serments qu'il a faits à Pompée, elle s'écrie :
Quels scrupules, bons Dieux I tu crains d'être parjure,
Et non pas d'offenser le Ciel et la nature !
Des serments violés sont des crimes trop grands,
Et tu ne rougis point de traliir tes parents,
De porter le trépas dans le sein de ton père !
Mais Pliarnace reste insensible, et Bérénice le quitte sur ce vers :
Crois, si tu me revois, que tu me verras morte.
La démarche de Bérénice ayant échoué, la femme et les filles de Miihridate le supplient de parler à son tour à Pharnaco ;
Je mourrai mille fois en vous voyant mourir, s'écrie Hypsicratée, et Mithridate cède malgré lui :
Allons rendre un combat qui m'est plus difficile Que de rompre les muis de la plus forte ville. Le ciel m'a vu rougir seulement aujourd'tiui : Je lui donnai la vie, et je l'attends de lui 1.
Cependant, dans le camp de Pompée, les Romains conseillent à Pharnace de faire tuer Mithridate ; mais le fils rebelle repousse le parricide, laissant ainsi prévoir les remords qui l'accableront au dénouement. Mithridate paraît devant son fils, et trouve pour flétrir sa conduite des accents si énergiques que nous ne pouvons nous refuser le plaisir de citer un long morceau de cette œuvre qui n'est pas assez connue :
Ah! Pharnace, fu sais à quoi Rome destine Ceux qui se sont armés pour sa seule ruine : La prison et la moi t sont les moindres des maux Qu'un superbe Sénat impose âmes égaux.
Tu le sais, et poussé d'une imprudence extrcinc, Tu me peux sans rougir le conseiller toi-mèmo. Il reste seulement ((ue de ta propre main Tu m'altaclies au ciiar de l'Empeieur romain, Et joyeux de ma honte et de ton infamie. Triomphes de ton père avec son ennemie. Charge de fers pesants mon épouse et tes sœurs, Et t'estimes heureux parmi tant de iloucoui-s. C'est la gloire d'un fils, c'est re que la naissance Me faisait espérer de ta reconnaissance ; En t'acquitlant ainsi tu t'acquiltes assez. Tous les bienfaits reçus sont trop récompensés. Les soins que j'eus de toi, de tes jeunes années, Rendent par ton appui les miennes fortunées. Ahl mon fils, si c' nom m'est encore permis. Eu quoi t'ai je ilé|)lu, quel orime ai-je commis, Qui te puisse ol)lii.'er à m'étre si contraire? Ne t'ai-je pas rendu tous les devoirs d'un père. Et de tous les enfants que le Ciel m'adonne {sic), Ne t'ai-je pas toi seul au trône destiné? Pour te le garantir des puissances romaines