‹ Théâtre completChapitre 234 sur 592 · Vin. — «1 Pour révolter toute l'armée. » (Ed. de · texte numérisé non relu

Vin. — «1 Pour révolter toute l'armée. » (Ed. de

8. La superstition populaire contribua aussi à por.lre Mithridate : « Les peuples d'Arménie ayant vu des rouronnes peintes sur les Ilots au passage de Mithridate, jugèrent que le bonheur de son régne ne serait pas de Kmguc durée, parce que le vent qui avait formé les couronnes sur la mer les avait effacées. » (P. Sénault, Oraison funèbre de Henriette-Marie de France, reine de la Grande- Bretagne.)

9. C'est en effet une des choses qu'il faut admirer dans Mithridate ; comme dans Andromaquc. le sujet est double, mais l'art du poète est si grand que l'an i:e s'.ipirçoi' pas d'a'.^crd da cette duplicité d'iction.

d'ennuyer, du moment qu'on les peut séparer de l'action, et qu'elles l'interrompent au lieu de la conduire vers sa fin '.

Voici la réflexion que fait Dion Cassiiis sur ce dessein de Mithridate : « Cet homme élait véritablement né pour entreprendre de grandes choses. Comme il avait souvent éprouvé a bonne et la mauvaise fortune, il ne croyait rien au-dessus de ses espérances et de son audace, et mesurait ses desseins bien plus à la grandeur de son courage qu'au mauvais état de ses affaires ; bien résolu, si son entreprise ne réussissait point, de faire une fin digne d'un grand roi, et de s'ensevelir lui-même sous les ruines de son empire, plutôt que de vivre dans l'obscurité et dans la bassesse* ».

J'ai choisi Monime entre les femmes que Mithridate a aimées. Il paraît que c'est celle de toutes qui a été la plus vertueuse ^ et qu'il a aimée le plus tendrement. Plutarque semble avoir pris plaisir à décrire le malheur et les sentiments de cette princesse *. C'est lui qui m'a donné l'idée de Monime ; et c'est en partie sur la peinture qu'il en a faite que j'ai fondé un caractère que je puis dire qui n'a point déplu. Le lecteur trouvera bon que je rapporte ses paroles telles qu'Amiot les a traduites ^ Car elles ont une grâce dans le vieux style de ce traducteur, que je ne crois point pouvoir égaler dans notre langue moderne®.

« Celte-cy estoit fort renommée entre les Grecs, pour ce que quelques sollicitations que luy sceust faire le Roy en es-

1. Ceci pourrait bien être une critique dirig^ée en passant contre quelqxies scènes du théâtre de Corneille. — L;i Préface finissait ici dans l'édition princpps. \\ est probable que l'on aura adressé à Ilacine des reproclies, qu'il voulut réfuter, l'histoire à la main.

2. Racine a réuni et mêlé ici deux phrases de Dion Cassius {Hist. rom.,

XXXVII, xi) : « .... Ti) pouW,ffEi itXÉov îj Tîj Smâ^n v£|Atuv.... eûati -:t yà.o \i.f(a.\f TrpdcYJxwv wv, xa\ r.oWZv [xJv TctaiTfxâ-rwv, roAA-ov Si vtx.\ tûtu/TqfjLâ-rwv rET^etoaitevo^, où Jêv oû-rt àTd).|Jtr;Tov o\!-.t àvéXiriTTov oî eTvai £vo;jiiÎ^ev. E! Si Sr^ xœl azi>.}Mr\, <7uva-d),£ii9ai ■ni pa<7tAt(« iLt-zv. àxtoaio'j toj ççov^jjtaTo; ;jittXAov t) o-ceçifiÔElç aijxr;^, c'v Te ■caTiEivÔTi'iTt xà\ Iv àîoji? '(;■/)» i;»E"/,EV. I)

3. Il est à remarquer que Phitarque parle tout autrement de Monime dans la Vie de Pompée que dans la Vie de Lucullus. 11 raconte que dans la forteresse de Cénon Pompée trouva parmi les papiers de Mithridate " des lettres lascives d'amour, de Monime à luy, et de luy à elle. » (Trad. Am\ot, V.) Nous voilà bien loin de l.t rhaste et pure fi;,'ure esquissée dans la Via de Lucullus.

4. Monime ne peut étie appelée princesse que par suite de son union avec Mithridate; car elle n'est pas soitic d'un sang royal.

5. Racine ne va p.TS donner textuellement la traduction d'Amyot;car il veut appliquer à Monime seule ce que Plutarque dit également de Po\ane, de St;\tira et de Bérénice, sœurs et femme de Mitliridate ; il supprimera des détails qui choqu'^ront sa délicatesse, et même rajeunira uo peu le style d'Arayot,

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